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Le comité de droite opposé à l'initiative des syndicats AVSplus a lancé lundi sa campagne.

KEYSTONE/PETER SCHNEIDER

(sda-ats)

L'initiative des syndicats AVSplus n'est pas la réponse adéquate aux problèmes de financement de l'AVS. Contre-productive, elle mettrait à mal la solidarité intergénérationnelle, argumente lundi le large comité de droite opposé au texte.

Pour tous les partis bourgeois, l'initiative populaire soumise au peuple le 25 septembre met en danger les finances de l'AVS, malmenées par l'allongement de la durée de vie et l'arrivée des baby-boomers à la retraite. Aux 7 milliards qui manqueront d'ici 2030 s'ajouterait l'augmentation de la rente, creusant un gouffre de 12,5 milliards de francs, selon les calculs du comité emmené par le PDC.

Et pas question de le combler en relevant le montant des cotisations, précisent les opposants. "Une augmentation serait néfaste à la compétitivité de nos entreprises", a averti le conseiller national Yannick Buttet (PDC/VS). Cette idée, qualifiée d'irresponsable, pèserait sur les épaules des jeunes générations.

"C'est comme si le grand-père laissait chaque année sous le sapin de Noël une facture salée à son petit-fils en lieu et place d'un cadeau", a illustré la conseillère nationale Kathrin Bertschy (PVL/BE).

Principe de l'arrosoir

Le comité critique également le principe d'une augmentation qui bénéficierait à tous. L'initiative manquerait son but: elle profiterait pleinement aux retraités à fort revenu, alors que les grands perdants seraient ceux qui perçoivent des prestations complémentaires (PC), a déclaré le conseiller national Lorenz Hess (PBD/BE).

Car si l'AVS augmente, les PC diminuent. Les retraités au revenu modeste n'auraient pas davantage d'argent dans leur porte-monnaie. D'après les calculs de l'Office fédéral des assurances sociales, environ 7% des rentiers perdraient de l'argent.

"Ce pilier social ne remplace pas la responsabilité individuelle, mais la complète", a remarqué le conseiller national Ignazio Cassis (PLR/TI). Le camp bourgeois tout comme le Conseil fédéral préfère miser sur le projet de prévoyance vieillesse 2020 d'Alain Berset. Celui-ci englobe premier et deuxième piliers.

Actuellement discuté au Parlement, le projet prévoit le relèvement de l'âge de la retraite des femmes à 65 ans, un financement complémentaire de l'AVS par une augmentation maximale de la TVA de 1,5 point et un abaissement du taux de conversion à 6%.

70 francs pour tous

Pour faire passer la pilule auprès des petits salaires, le Conseil des Etats souhaite augmenter l'AVS de 70 francs chaque mois. Un montant que toucheraient tous les retraités. Le PDC soutiendrait malgré tout ce projet au National. "Certains aînés vivent dans des conditions proches de la pauvreté", a admis Yannick Buttet.

Certains rêvent de charger davantage la barque et de relever l'âge de la retraite à 67 ans. "Près de la moitié des Etats de l'OCDE l'ont déjà repoussé à 67 ou 68 ans, ou ont décidé de le faire", a souligné Kathrin Bertschy.

Mais le ministre des assurances sociales Alain Berset a déjà averti: seule une réforme équilibrée aura des chances devant le peuple.

sda-ats

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