Poutine affiche son entente avec son allié européen Orban


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"Il très dur de vivre si on n'a pas de coopération fructueuse avec les grands de ce monde", a souligné Viktor Orban lors d'une conférence de presse aux côtés du dirigeant russe, en référence claire à la Russie mais aussi aux Etats-Unis de Donald Trump.

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(sda-ats)

Le président russe Vladimir Poutine et le Premier ministre hongrois Viktor Orban ont affiché jeudi à Budapest leur entente sur un renforcement de la coopération économique entre les deux pays. Ils ont aussi plaidé pour une levée des sanctions européennes contre Moscou

Accueilli par M. Orban, l'un des principaux alliés de Moscou au sein de l'UE, Vladimir Poutine a qualifié la Hongrie de "partenaire important et fiable". Il a assuré que la Russie ferait "tout son possible" pour assurer les livraisons des hydrocarbures à Budapest, très dépendant du gaz russe.

"Il très dur de vivre si on n'a pas de coopération fructueuse avec les grands de ce monde", a souligné de son côté M. Orban aux côtés du dirigeant russe, en référence claire à la Russie mais aussi aux Etats-Unis de Donald Trump.

"Le monde est en train de vivre un réalignement substantiel, et nous pensons qu'il va créer des conditions plus favorables pour les relations UE-Russie", a estimé M. Orban. Ce dernier est l'un des rares dirigeants européens à avoir salué l'avènement du nouveau président étasunien.

Partisan affiché d'une levée des sanctions adoptées contre la Russie à la suite de l'annexion de la Crimée en 2014, M. Orban a estimé qu'"on ne peut pas résoudre un problème non-économique avec des mesures économiques".

Première depuis juillet 2016

La visite de M. Poutine, qui coïncide avec un regain de tension en Ukraine, est la première du chef de l'Etat russe dans un pays de l'UE depuis juillet 2016, lorsqu'il s'était rendu en Slovénie.

C'est aussi le premier voyage en Europe de M. Poutine depuis l'investiture de Donald Trump. Le Kremlin espère une amélioration de ses relations avec les Etats-Unis et la levée des sanctions américaines décrétées en 2014 contre Moscou en raison de la crise ukrainienne.

En février 2015, le chef de gouvernement hongrois avait été le premier dirigeant européen à recevoir le président russe après l'annexion de la Crimée par la Russie un an plus tôt.

Selon Viktor Orban, les sanctions européennes contre la Russie ont fait perdre 6,5 milliards de dollars de revenus d'exportation à la Hongrie en trois ans.

Nouveaux réacteurs

Signe fort, le dirigeant russe a annoncé jeudi que la Russie était "prête à financer à 100%" la construction des deux nouveaux réacteurs à la centrale nucléaire hongroise de Paks, dont le coup d'envoi est entravé par une enquête de la Commission européenne.

Cette enquête approfondie, ouverte fin 2015, vise à déterminer si ce projet, attribué sans appel d'offres et contesté par l'opposition hongroise, est viable économiquement et conforme aux règles existantes en matière de concurrence. Chiffré à 12 milliards d'euros, il devait jusqu'à présent être financé à 80% par un prêt de Moscou.

Le portail d'information hongrois 444.hu, critique envers M. Orban, a estimé jeudi que M. Poutine cherchait à s'appuyer sur le dirigeant hongrois pour "déstabiliser (l'UE et l'Otan) de l'intérieur".

ATS

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