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Les appels se multiplient pour que François Fillon (G) renonce à sa candidature et qu'Alain Juppé (D) le remplace (archives).

KEYSTONE/AP/MICHEL EULER

(sda-ats)

L'ex-candidat des primaires à droite Alain Juppé serait prêt à remplacer François Fillon lors d'élection présidentielle française, a indiqué vendredi son entourage. Le candidat officiel de la droite est lâché par une partie de ses soutiens.

Ancien premier ministre écarté au deuxième tour de la primaire de la droite, Alain Juppé "ne se défilera pas si les conditions sont remplies: il faut que François Fillon se retire de lui-même et que sa famille de la droite et du centre, Les Républicains, soit unanimement rassemblée derrière lui", a fait savoir son entourage.

"Alain Juppé n'est pas un putschiste. Il ne poussera jamais (François) Fillon dehors et il n'est à l'initiative d'aucun complot", a assuré la même source. M. Juppé, 71 ans, avait jusqu'ici démenti être prêt à revenir dans la course à la présidentielle d'avril-mai.

Plus de 70 "lâcheurs"

François Fillon, bientôt 63 ans, doit faire face à de nombreuses défections dans son équipe de campagne et à de nombreux appels au retraît lancés dans son camp. A l'origine: l'annonce mercredi de sa probable mise en examen dans l'affaire des salaires perçus par son épouse Penelope et deux de ses enfants comme assistants parlementaires.

Son porte-parole Thierry Solère, qui figurait parmi les soutiens les plus fidèles, a annoncé vendredi matin sa démission. Le "compte des lâcheurs" tenus par le quotidien Libération listait plus de 70 noms vendredi à la mi-journée.

"Il ne peut plus être candidat, parce qu'il ne peut plus mener une campagne sur le fond pour défendre des idées et un idéal républicain et démocratique", a estimé vendredi l'ancien premier ministre Dominique Villepin.

Sarkozystes indécis

L'ancien favori de la présidentielle a reculé en troisième position dans les sondages derrière la candidate d'extrême droite Marine Le Pen et le centriste Emmanuel Macron.

L'ancien ministre du président socialiste François Hollande est par ailleurs passé pour la première fois devant la présidente du Front national (FN), d'après un sondage Odoxa-Dentsu consulting publié vendredi. Alain Juppé arriverait en revanche légèrement en tête, s'il était le candidat de la droite, et Marine Le Pen serait éliminée au premier tour, selon le même sondage.

Même si certains médias évoquent un possible feu vert de l'ancien président Nicolas Sarkozy, candidat malheureux à la primaire de la droite, à Alain Juppé, il restait difficile de saisir, vendredi, la position exacte des sarkozystes. Ces derniers doivent se réunir mardi matin pour discuter du sujet.

Mais le temps presse, car les 500 parrainages d'élus locaux nécessaires pour formaliser une candidature alternative doivent être rassemblés avant le 17 mars. Pour l'instant, M. Juppé a recueilli un seul parrainage d'élu, alors que François Fillon en a déjà 1155, selon la liste publiée vendredi par le Conseil constitutionnel, qui supervise le processus.

Manifestations

Dimanche après-midi, les proches de Fillon organisent un grand rassemblement de soutien à Paris. Une contre-manifestation contre la corruption des élus et "pour le respect du peuple, de la justice et de la presse" est également prévue dimanche à Paris.

ATS