Toute l'actu en bref

L'application d'Amnesty vise à attirer l'attention sur la violence armée qui sévit dans certains quartiers de Rio ainsi que "d'interpeller le gouvernement sur le lien entre cette dynamique de violence et les Jeux Olympiques, tant dans sa préparation que pour son déroulement" (image symbolique).

KEYSTONE/AP/FELIPE DANA

(sda-ats)

Amnesty International a lancé mardi une application permettant de répertorier géographiquement les échanges de coups de feu à Rio de Janeiro. La cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques est prévue dans un mois.

Cette application, nommée "Fogo Cruzado" (tirs croisés), est censée être alimentée par les témoins de fusillades. Les échanges de tirs sont monnaie courante dans les favelas de Rio, notamment dans la Zone Nord et en banlieue.

Elle va d'abord être testée jusqu'en décembre dans les favelas de Jacarezinho, Manguinhos, Complexo da Maré, Complexo do Alemao, Acari, Cité de Dieu et Morro Agudo (Nova Iguaçu), précise l'ONG dans son communiqué.

"Cette application est un outil qui vise à apporter des données: 'Regardez, il s'est passé tant d'échanges de tirs cette semaine et à cause de ces échanges de tirs, tant d'écoles ont dû fermer, tant d'élèves n'ont pas pu aller en cours, ou tant de postes de santé ont été touchés' et ainsi de suite", a expliqué Rebeca Lerer, coordinatrice des campagnes de l'ONG à Rio.

Interpeller

"Nous aurons déjà des données au bout d'un mois, c'est-à-dire au tout début des JO et on pourra déjà dire: 'Voyez, dans la ville olympique, on vit avec ces taux élevés de violence armée, et elles proviennent de tels quartiers qui sont les plus touchés'", a-t-elle ajouté. "On pourra même interpeller le gouvernement sur le lien entre cette dynamique de violence et les Jeux Olympiques, tant dans sa préparation que pour son déroulement".

De janvier à fin avril, 1715 personnes ont été tuées à Rio. C'est 15,8% de plus que pendant la même période de 2015, selon un rapport de l'Institut de sécurité publique diffusé en mai.

Les autorités ont annoncé que 65'000 policiers et 20'000 soldats (le double des effectifs des JO de Londres-2012) seraient mobilisés pour la sécurité des Jeux cariocas. Une partie de ce contingent sera envoyée dans les favelas.

sda-ats

 Toute l'actu en bref