Roumanie: le président suggère une démission du gouvernement


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Les députés de la majorité ont quitté la salle du Parlement lors du discours du président roumain Klaus Iohannis.

KEYSTONE/AP/VADIM GHIRDA

(sda-ats)

Le président roumain Klaus Iohannis a laissé entendre mardi qu'il souhaitait une démission du gouvernement social-démocrate pour "résoudre la crise" provoquée par une tentative d'assouplissement de la loi anticorruption. Mais il a écarté des élections anticipées.

Le Premier ministre social-démocrate Sorin Grindeanu a répété mardi qu'il n'envisageait pas de démissionner et ajouté qu'il présenterait en détail sa position lors du débat mercredi d'une motion de censure au Parlement.

Face à une vague de manifestations sans précédent depuis la chute du communisme en 1989, il avait annulé dimanche un décret controversé qui aurait permis à des hommes politiques d'échapper à des poursuites judiciaires. Le texte prévoyait de dépénaliser certains faits de corruption concernant des sommes inférieures à 200'000 lei (un peu moins de 47'000 francs).

Toutefois, "l'abrogation du décret et un éventuel limogeage du ministre de la Justice ne sont pas suffisants", a jugé mardi le chef de l'Etat lors d'un discours solennel devant les députés.

La solution à la crise se situe "à l'intérieur" de la majorité de gauche, a souligné M. Iohannis (centre-droit), suggérant une démission du gouvernement et la nomination d'un nouvel exécutif par le Parti social-démocrate (PSD).

Alors que cette formation a remporté une nette victoire lors de législatives en décembre, "convoquer des élections anticipées serait excessif à ce stade", a relevé le chef de l'Etat.

"Vous avez gagné, maintenant gouvernez et légiférez, mais pas n'importe comment. La Roumanie a besoin d'un gouvernement fort, d'un gouvernement qui travaille de manière transparente et prédictible", a-t-il lancé.

Manifestation monstre

Mais "si le PSD, qui a créé cette crise, ne la résout pas d'urgence, je vais convoquer les partis politiques pour des consultations, en vertu de mes prérogatives", a souligné le président. Les élus de la majorité de gauche ont quitté la salle durant son discours en vociférant.

En dépit de l'abrogation du décret, quelque 500'000 personnes ont encore manifesté en Roumanie dimanche soir, demandant pour la plupart la démission du gouvernement de M. Grindeanu, en place depuis un mois.

ATS

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