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Les deux ministres prônent notamment un "agenda sécuritaire européen" face aux menaces "intérieures et extérieures".

KEYSTONE/EPA DPA/WOLFGANG KUMM

(sda-ats)

Les ministres français et allemand des Affaires étrangères ont appelé lundi à renforcer l'intégration "politique" en Europe en réponse à la sortie du Royaume-Uni de l'UE. Leurs homologues d'Europe centrale ont exprimé "quelques réserves".

"Nous allons faire de nouvelles avancées en direction d'une union politique en Europe, et nous invitons les autres Etats européens à nous rejoindre dans cette entreprise", écrivent Frank-Walter Steinmeier et Jean-Marc Ayrault. Ceux-ci s'expriment dans un document en allemand publié sur le site internet du ministère allemand.

Concédant qu'il existe des "niveaux d'ambition d'intégration différents" dans les pays européens et donc qu'il peut y avoir une Europe à plusieurs vitesses, les deux ministres prônent une intégration plus poussée en matière de sécurité, une politique d'asile européenne et une convergence économico-budgétaire renforcée en zone euro. Il évoquent même un budget commun de l'Union monétaire.

La chancellerie relativise

La chancellerie allemande a rapidement relativisé la portée de ce document, soulignant qu'il constituait une "réflexion" des ministres, mais n'engageait pas Angela Merkel. Cette dernière, depuis le vote du Brexit, appelle à l'inverse à la patience et à la retenue.

"Cette réflexion "doit être menée dans le cercle des 27", a dit son porte-parole Steffen Seibert.

"Agence européenne de l'asile"

Dans leur document intitulé "Une Europe forte dans un monde d'insécurité", les deux ministres prônent un "agenda sécuritaire européen" face aux menaces "intérieures et extérieures".

Sur leur volonté de bâtir une "politique européenne d'Asile et de migrations", les deux ministres veulent entre autres "une Agence européenne de l'asile" et que "l'UE fonde le premier système multinational de gardes-frontières et garde-côtes dans le monde".

Sur le plan économique, en opposition notamment avec la ligne défendue par la chancelière et son ministre des Finances depuis des années, les deux ministres demandent des "ajustements" pour satisfaire aussi les pays opposés à la politique d'austérité et non seulement les partisans de l'orthodoxie.

Ils évoquent aussi un budget propre à la zone euro, un président permanent de l'Eurogroupe responsable devant le Parlement européen ainsi qu'un Fonds monétaire européen pour l'Union monétaire. "L'Allemagne et la France doivent former le noyau du groupe qui sera prêt à avancer" sur ces sujets, disent les ministres.

"Document de travail"

Le chef de la diplomatie tchèque Lubomir Zaoralek a souligné que MM. Jean-Marc Ayrault et Frank-Walter Steinmeier traitaient leur plaidoyer comme un "document de travail".

Ce dernier "n'était pas exactement sur la table, mais nous en avons parlé et nous (la Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie) avons exprimé quelques réserves sur ce texte, mais non sur l'intégration en général", a indiqué M. Zaoralek.

"Par exemple le passage portant sur le parlement de la zone euro, c'est une chose qui suscite des inquiétudes de notre côté", a-t-il précisé. La Slovaquie est le seul pays membre de la zone euro au sein du groupe de Visegrad. Le système intégré européen d'accueil de réfugiés est par ailleurs une idée que les pays membres d'Europe de l'Est ont repoussée.

Une version en anglais du texte franco-allemand a été mise en ligne lundi matin par la chaîne de télévision publique polonaise TVP Info. Celle-ci l'a présenté comme un "ultimatum", un projet de créer en Europe "un super-Etat dominé par les grands pays", affirmant que les pays membres devraient pratiquement renoncer à avoir leurs propres forces armées et services spéciaux nationaux.

sda-ats

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