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Les prétendants au poste de secrétaire général des Nations unies ont commencé mardi à se présenter devant l'Assemblée générale de l'ONU pour des entretiens d'embauche inédits. Ils espèrent succéder à Ban Ki-moon en janvier 2017.

Ils se sont efforcés de répondre aux questions de représentants des 193 pays membres sur des sujets allant du changement climatique au conflit israélo-palestinien en passant par les abus sexuels commis par des Casques bleus ou la réforme de l'ONU.

C'est le ministre des Affaires étrangères du Monténégro Igor Luksic, le plus jeune des candidats à 39 ans, qui a planché en premier.

Visiblement nerveux, il a alterné en anglais et français des propos convenus sur les dossiers chauds (terrorisme, réfugiés, désarmement, droits de l'homme, etc...). "Je comprends les défis du monde moderne", a-t-il affirmé.

Candidature féminine

La France insiste pour que le patron de l'ONU parle peu ou prou la langue de Molière.

Alors que l'idée de voir une femme accéder enfin au poste, après huit hommes, fait son chemin, la directrice générale de l'Unesco Irina Bokova n'a pas hésité à jouer cette carte. Il est temps "de donner aux femmes l'opportunité de se développer comme membres égales de la société", a-t-elle affirmé, rappelant qu'elle est la première femme à diriger l'Unesco.

Mais elle a esquivé les questions-pièges, comme celle de l'ambassadeur ukrainien qui lui demandait de se prononcer sur l'annexion de la Crimée par la Russie. Elle s'est engagée à essayer de "rétablir la confiance" entre Israéliens et Palestiniens, mais a admis ne pas avoir de "solution miracle" sur beaucoup de dossiers.

Mme Bokova devait être suivie mardi après-midi par l'ancien Haut commissaire de l'ONU aux réfugiés, le Portugais Antonio Guterres.

Huit candidats

En tout huit candidats, quatre hommes et quatre femmes, sont pour l'instant sur les rangs, mais aucun ne fait l'unanimité.

Les auditions dureront trois jours. Chaque candidat a deux heures pour plaider sa cause et répondre aux questions, d'abord des diplomates puis de la société civile, par vidéo.

Ban Ki-moon quitte ses fonctions à la fin de l'année après deux mandats de cinq ans.

Outre Irina Bokova et Antonio Guterres, l'ex-Première ministre de Nouvelle-Zélande Helen Clark, qui dirige le Programme des Nations unies pour le développement, figure aussi parmi les favoris.

L'ex-président slovène Danilo Türk et quatre chefs de la diplomatie de pays des Balkans, anciens ou en poste - Vesna Pusic (Croatie), Natalia Gherman (Moldavie), Srgjan Kerim (Macédoine) et Igor Luksic (Monténégro) --complètent la liste.

Plus transparent

Le président de l'Assemblée Mogens Lykketoft a rappelé qu'il s'agissait du premier exercice du genre dans l'histoire de l'ONU.

Pour lui, ces auditions peuvent "changer la donne" en influençant le vote du Conseil de sécurité, qui aura le dernier mot dans cette sélection.

Depuis 70 ans, le choix du patron de l'ONU fait l'objet de tractations à huis clos entre les 15 pays membres du Conseil, et en premier lieu les cinq membres permanents (Etats-Unis, Russie, Royaume-uni, Chine, France).

Cette fois-ci, l'Assemblée a imposé un processus un peu plus transparent, comme pour un cadre supérieur: lettre de candidature, CV et profession de foi et enfin grand oral.

A partir de juillet, les membres du Conseil de sécurité se réuniront pour une série de votes à bulletins secrets, avant de soumettre un nom à l'Assemblée qui devrait entériner leur choix en septembre.

sda-ats

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