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Ashgar Farhadi, dont les films sont vus comme un pont entre l'Iran et les Etats-Unis, a regretté que les tenants d'une ligne dure dans ces deux pays agissent avec la même mentalité (archives).

KEYSTONE/AP/MICHEL EULER

(sda-ats)

Le cinéaste iranien Asghar Farhadi, nommé aux Oscars dans la catégorie meilleur film étranger, a annoncé dimanche qu'il ne se rendrait pas à la cérémonie de remise des prix. Il dénonce les restrictions d'entrée aux Etats-Unis imposées par Donald Trump.

Ashgar Farhadi comptait se rendre à la cérémonie, a-t-il expliqué dans un communiqué diffusé par les agences de presse iraniennes, mais la donne a changé suite aux décrets adoptés vendredi par l'administration Trump pour interdire aux ressortissants d'Iran, de Syrie, du Yémen, de Libye, d'Irak, de Somalie et du Soudan d'entrer aux Etats-Unis.

"Mon intention n'était pas de ne pas assister à la cérémonie ou de la boycotter pour montrer mes objections (aux politiques de Donald Trump) car je sais que beaucoup de gens dans l'industrie américaine du cinéma et au sein de l'Académie des arts et sciences du cinéma sont opposés au fanatisme et à l'extrémisme qui règnent plus que jamais aujourd'hui", a expliqué le réalisateur.

Conditions "pas acceptables"

"Mais il semble maintenant que la possibilité même de ma présence soit soumise à des "si" et des "mais" et ce n'est pas acceptable pour moi, même si l'on venait à faire exception pour mon voyage", a-t-il ajouté.

Le dernier film d'Ashgar Farhadi, "Le client" est présélectionné pour l'Oscar du meilleur film étranger. En 2012, le cinéaste iranien avait déjà remporté ce prix avec "La séparation".

Politique de la peur

Celui dont les films sont vus comme un pont entre l'Iran et les Etats-Unis a regretté que les tenants d'une ligne dure dans ces deux pays agissent avec la même mentalité.

"Durant des années, des deux côtés de l'océan, des groupes de gens adeptes d'une ligne dure ont essayé de présenter à leur peuple des images irréalistes et effrayantes des gens d'autres cultures afin que les différences deviennent des désaccords, les désaccords des inimitiés et les inimitiés des peurs", a regretté le cinéaste.

"Instiller la peur de l'autre est un des moyens préférés pour justifier des comportements extrémistes et fanatiques par des gens étroits d'esprit", a-t-il encore déploré.

Le président américain Donald Trump a justifié les décrets d'interdiction d'entrée imposées aux ressortissants de sept pays majoritairement musulmans en affirmant que les Etats concernés étaient des viviers de "terroristes radicaux".

L'actrice iranienne Taraneh Alidousti, à l'affiche du film "Le client", avait annoncé jeudi qu'elle boycotterait la cérémonie des Oscars pour protester contre les mesures "racistes" de M. Trump.

ATS