Turquie: nouvelle vague de purges, milliers de limogeages


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Parmi les 8390 personnes limogées figurent 2687 policiers.

KEYSTONE/AP/EMRAH GUREL

(sda-ats)

Les autorités turques ont limogé plus de 8000 personnes et fermé des dizaines d'associations supplémentaires lors des enquêtes ouvertes après le putsch manqué en juillet. C'est ce qu'indiquent 3 décrets-lois parus au Journal officiel dans la nuit de vendredi à samedi.

Parmi les 8390 personnes limogées figurent 2687 policiers, 1699 fonctionnaires du ministère de la Justice, 838 de celui de la Santé et des centaines d'employés d'autres ministères ainsi que 631 universitaires et 8 membres du Conseil d'Etat.

Les décrets précisent que les ressortissants turcs se trouvant à l'étranger pourront être déchus de leur nationalité s'ils ne rentrent pas dans les trois mois suivant leur convocation par les autorités.

Ils ajoutent que la police pourra désormais accéder aux informations personnelles des internautes, dans le cadre d'enquêtes concernant la cyber-criminalité.

Clubs de sport

Plus de 80 associations accusées d'"activités portant atteinte à la sûreté de l'Etat" ont par ailleurs été fermées. Parmi elles, huit clubs de sport sont concernés, principalement situés dans le sud-est à majorité kurde du pays.

En revanche, onze journaux - principalement du sud-est - précédemment fermés ont été autorisés à rouvrir. Par ailleurs, 276 personnes ont été réintégrées à leur poste par ces décrets.

Ces mesures sont prises dans le cadre de l'état d'urgence instauré après la tentative de putsch du 15 juillet. Les autorités turques accusent Fethullah Gülen, un prédicateur exilé aux Etats-Unis, d'avoir ourdi le coup de force, ce que l'intéressé dément.

Inquiétudes en Occident

Depuis le coup d'Etat manqué, plus de 41'000 personnes ont été arrêtées en Turquie et plus de 100'000 limogées ou suspendues, notamment des professeurs, policiers et magistrats.

D'une ampleur inédite en Turquie, ces purges suscitent l'inquiétude des partenaires occidentaux d'Ankara et d'organisations de défense des droits humains qui redoutent que l'état d'urgence, prolongé cette semaine de trois mois supplémentaires, ne serve de prétexte pour réprimer toute voix dissidente.

Les autorités turques affirment pour leur part que ces mesures d'exception sont nécessaires pour éliminer les risques de sédition et faire face à la double menace "terroriste" du groupe Etat islamique (EI) et du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Prison à vie

Les premiers jugements dans des procès liés au putsch manqué sont tombés jeudi: deux soldats ont été condamnés à la prison à vie par un tribunal d'Erzurum (nord-est).

Le pays a été frappé cette semaine par deux attentats, l'un revendiqué par l'EI contre une discothèque d'Istanbul (39 morts) et l'autre à Izmir (ouest, deux morts) attribué par les autorités au PKK.

ATS

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