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Le correspondant en Turquie du quotidien allemand Die Welt Deniz Yücel a été placé lundi en détention provisoire par un tribunal d'Istanbul, a indiqué le journal sur son site internet. Il est accusé de propagande terroriste et incitation à la haine (archives).

KEYSTONE/dpa-Zentralbild/Z5006/_KARLHEINZ SCHINDLER

(sda-ats)

Le correspondant en Turquie du quotidien allemand Die Welt a été placé lundi en détention provisoire par un tribunal d'Istanbul, a indiqué le journal sur son site internet. Il est accusé de propagande terroriste et incitation à la haine.

Cette nouvelle "est amère et décevante", a réagi la chancelière allemande Angela Merkel. Cette mesure est "excessivement dure car Deniz Yücel s'est présenté de lui-même à la justice et s'est mis à la disposition de l'enquête".

Le journaliste germano-turc Deniz Yücel s'était rendu à la police le 14 février à Istanbul, selon Die Welt. Il était recherché en raison de ses articles sur le piratage de la messagerie électronique de Berat Albayrak, ministre de l'Énergie et gendre du président turc Recep Tayyip Erdogan.

Les courriels piratés, publiés en septembre, ont dévoilé des pressions politiques du gouvernement turc sur des médias et des stratégies de manipulation de l'opinion sur les réseaux sociaux.

Lundi, un tribunal d'Istanbul a ordonné que le journaliste soit officiellement arrêté et placé en détention en l'attente de son procès, a dit à Reuters un témoin présent à l'audience.

"Divergences"

Selon l'agence de presse Dogan, qui met en cause la couverture par le journaliste de la rébellion kurde, le Consul général d'Allemagne à Istanbul, Georg Birgelen, ainsi que quelques députés du principal parti d'opposition (CHP, social-démocrate) étaient présents lundi au tribunal.

"Le gouvernement attend que la justice turque dans son traitement du cas Yücel tienne compte de la haute importance de la liberté de la presse pour toute société démocratique", a ajouté la chancelière dans un communiqué. Et de préciser qu'elle espérait qu'il recouvre bientôt sa liberté. Vendredi, 170 députés allemands avaient publié une lettre ouverte réclamant la libération "rapide" de M. Yücel.

Le chef de la diplomatie allemande, Sigmar Gabriel, a estimé que l'affaire illustrait "de façon éclatante" les divergences entre les deux pays en ce qui concerne la liberté de la presse et la liberté d'opinion.

Relations tendues

Les relations entre Berlin et Ankara se sont dégradées ces derniers mois, notamment avec les critiques par Berlin de la répression de l'opposition turque.

Depuis le coup d'Etat manqué du 15 juillet plus de 43'000 personnes ont été arrêtées en Turquie et plus de 100'000 limogées ou suspendues, dont des professeurs, des policiers et des magistrats. Ankara impute ce putsch avorté au prédicateur islamiste Fethullah Gülen, installé aux Etats-Unis.

Des journalistes étrangers, comme Rob Nordland du New York Times, Dion Nissenbaum du Wall Street Journal ou encore Olivier Bertrand du média en ligne Les Jours ont été arrêtés ou expulsés ces derniers mois par Ankara.

La Turquie est 151e au classement mondial de la liberté de la presse établi en 2016 par l'ONG Reporters sans Frontières (RSF). Le pays se situe derrière le Tadjikistan et juste devant la République démocratique du Congo.

ATS