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L'abandon par les civils et les rebelle de Daraya, ville symbolique du soulèvement contre le régime syrien, s'est fait dans les larmes et la douleur.

KEYSTONE/AP Local Council of Daraya City/UNCREDITED

(sda-ats)

Des rebelles et des civils, souvent en larmes, ont commencé vendredi à abandonner Daraya, près de Damas. Pendant quatre ans, ils ont défendu becs et ongles cette ville qui fut l'un des berceaux de la révolte contre le régime syrien.

"C'est un moment très difficile. Jeune ou vieux, chacun pleure", a témoigné un rebelle.

Le départ a donné lieu à des scènes déchirantes. "Les gens se saluaient mutuellement et des enfants disaient adieu à leurs écoles tandis que les mères saluaient sur les tombes la mémoire de leurs martyrs", a rapporté un insurgé. Ceux qui partaient rassemblaient leurs souvenirs et quelques objets pour garder vivante la mémoire de quatre ans de siège, de faim et de bombardements.

Il a expliqué que la douloureuse décision d'évacuer Daraya avait été prise en raison de la détérioration des conditions humanitaires. "La ville était devenue inhabitable. Elle a été complètement détruite", selon lui.

Slogans de victoire

Des femmes, des personnes âgées et des enfants sont montés dans le premier car qui a quitté dans l'après-midi la ville située au sud-ouest de la capitale syrienne, a constaté une journaliste de l'AFP. Puis quatre autres véhicules ont suivi avec à bord des hommes portant leurs armes individuelles et leurs familles.

A leur passage, les soldats ont brandi leurs kalachnikovs et scandé des slogans de soutien au président Bachar al-Assad, bête noire des insurgés.

Quatre mille civils évacués

Une source militaire a affirmé à l'AFP que 300 insurgés avec leurs familles devaient quitter vendredi Daraya dans le cadre de l'accord annoncé la veille. L'évacuation totale pourrait prendre quatre jours puis selon une source militaire, l'armée pénétrera dans la ville.

Au total, selon l'agence officielle Sana, 4000 civils vont être dirigés vers des centres d'hébergement. Escortés par le Croissant rouge, au moins 700 rebelles doivent se rendre à Idleb (nord-ouest), une ville contrôlée par l'Armée de la conquête, une alliance de rebelles, et le Front Fateh al-Cham (ex-Front al-Nosra qui a renoncé à son rattachement à Al-Qaïda).

Le conseil local de Daraya a indiqué que les civils seront transférés à Hrajela, une localité tenue par le régime à une vingtaine de km au sud-est de Daraya. "De là, ils pourront se rendre dans les régions de leur choix".

ONU et CICR non impliqués

"C'est tragique que les appels répétés à lever le siège de Daraya, en place depuis novembre 2012, et à l'arrêt des combats n'aient jamais été entendus", a regretté à Genève l'émissaire de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura.

L'ONU a indiqué ne pas avoir été impliquée dans les négociations de l'accord et le Comité International de la Croix Rouge (CICR) a précisé qu'il n'avait pas pris part aux opérations de transfert.

Des roses contre la répression

Réputé pour la saveur de son raisin, Daraya était symbolique à plus d'un titre: elle a été l'une des premières villes à se soulever contre le régime et lors des manifestations pacifiques de mars 2011, ses habitants avaient offert des roses aux soldats chargés de les réprimer.

En août 2012, à l'issue d'un assaut de six jours de l'armée sur la ville, les rebelles avaient accusé le régime d'y avoir tué 500 personnes.

sda-ats

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