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Les conseillers national Jürg Grossen, Alice Glauser, Rosmarie Quadranti, Christian Lohr, Matthias Aebischer et Fathi Derder (de gauche à droite) ont discuté du journaliste et de la démocratie avec la conseillère fédérale Doris Leuthard (deuxième depuis la droite).

KEYSTONE/PETER SCHNEIDER

(sda-ats)

Le groupe parlementaire "Journalisme et démocratie", formé récemment, veut s'engager pour les journalistes. La ministre des médias Doris Leuthard est également inquiète des pressions qui pèsent sur cette catégorie professionnelle.

"Je constate que les journalistes n'ont plus le temps d'exercer leur métier de manière sérieuse", a déclaré mercredi la conseillère fédérale aux journalistes, éditeurs et politiciens présents à Berne lors du premier événement du groupe parlementaire. La pression croissante sur les coûts dans les rédactions est en particulier responsable de cette situation.

Toutefois, Doris Leuthard s'est également montrée convaincue que "le bon journalisme a de l'avenir". Dans une époque où les informations sont disponibles en masse, il faut une classification.

"Le feu au lac"

Pour le président du syndicat de journalistes Impressum, la situation est plus dramatique. "Il y a le feu au lac", a relevé Christian Campiche. Les interviews superficielles ont remplacé les recherches approfondies, selon lui.

De plus, les rédactions des quotidiens fondent. Parce que la maison mère Tamedia a fermé le robinet financier, les quotidiens romands 24 Heures et la Tribune de Genève pourraient fermer, a-t-il commenté.

Le but du groupe parlementaire est de s'engager pour la liberté et la variété de la presse, a dit son coprésident et conseiller national vaudois Fathi Derder (PLR). Les médias ont une fonction importante dans une démocratie. Le groupe se veut un trait d'union entre les médias et l'Etat et s'engage pour de bonnes conditions cadres pour les journalistes.

Le secrétariat du groupe est géré par Impressum, montrant ainsi sa proximité avec les journalistes. Sept parlementaires de plusieurs partis se partagent la coprésidence du groupe qui s'est constitué en juin.

Soutien de l'Etat

Lors d'une table ronde, les participants ont cherché des solutions aux défis que posent notamment la digitalisation et la modification des structures de la branche des médias. Ce changement a lieu, "qu'on le trouve bien ou non", a souligné l'ancien rédacteur en chef de la Neue Zürcher Zeitung, Markus Spillmann. Il faut d'après lui s'adapter, la digitalisation offre aussi des possibilités.

M. Spillmann et Mme Leuthard rejettent un renforcement du soutien financier de l'Etat. Celui-ci peut investir plus dans la formation des journalistes, selon la conseillère fédérale. Mais un soutien direct n'entre pas en ligne de compte.

Pour le co-rédacteur en chef du Courrier, Philippe Bach, un coup d'oeil à l'étranger vaut en revanche la peine: l'encouragement de la presse a donné de bons résultats, sans basculer vers des "conditions nord-coréennes".

sda-ats

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