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Selon une étude de Credit Suisse, la succession représente un sujet important pour les petites et moyennes entreprises. Plus de la moitié des entrepreneurs sont actuellement âgés entre 55 et 65 ans (archives).

KEYSTONE/GAETAN BALLY

(sda-ats)

En Suisse, un dirigeant de PME sur cinq prévoit de transmettre son entreprise au cours des cinq prochaines années. Ce changement de génération pourrait concerner 70'000 à 80'000 sociétés.

La succession représente un sujet important pour les petites et moyennes entreprises (PME), la quasi-totalité de leurs propriétaires devant s'y confronter tôt ou tard, ressort-il de l'étude "La succession d'entreprise dans la pratique - le défi du changement de génération". Cette enquête, publiée mercredi par Credit Suisse en collaboration avec l'Université de St-Gall, a porté sur 1300 PME de toute la Suisse.

Selon cette recherche, le nombre de cas de succession devrait augmenter au cours des 15 prochaines années pour des raisons démographiques. Plus de la moitié des entrepreneurs sont actuellement âgés de 50 à 65 ans. "Ils font partie de la génération des baby-boomers qui atteignent peu à peu l'âge de la retraite", a expliqué à Lausanne Emilie Gachet, analyste auprès de Credit Suisse.

Cette situation va compliquer la recherche de successeurs potentiels. Les auteurs de l'étude s'attendent à une hausse de l'âge moyen des repreneurs ainsi que de la proportion de femmes, qui sont aujourd'hui sous-représentées. "Il y a un potentiel considérable qui pourrait atténuer un peu le déséquilibre", a dit Mme Gachet.

PME familiales, un pilier de l'économie

Les entreprises familiales restent omniprésentes (75%) au sein des PME suisses, même si leur part a légèrement diminué par rapport à une étude de 2013. Elles représentent 41% de l'emploi en Suisse et constituent "un pilier" de l'économie helvétique.

Avant la succession, une majorité relative (41%) de dirigeants émet toujours le souhait de transmettre la PME au sein de la famille. Mais les projets de succession extra-familiale ont légèrement gagné en importance, observe Mme Gachet. Et dans les faits, plus de la moitié des PME sont cédées à des repreneurs extérieurs.

Parmi les solutions extra-familiales souhaitées, la vente à des collaborateurs (management buy-out) est l'option la plus citée, suivie de la cession à une autre entreprise ou à une société de private equity (21%) et de la vente à des particuliers extérieurs (17%). Dans le cadre d'une succession intrafamiliale, les PME préfèrent transférer la propriété à parts égales à l'ensemble des descendants. Pour la direction, elles misent sur les plus qualifiés.

Réfléchir à d'autres possibilités

Au contact du terrain, Michael Willimann, responsable Affaires PME pour la Suisse romande, relève que "l'important, c'est la pérennité de l'activité de l'entreprise. L'entrepreneur ne doit pas se fermer à d'autres options que la famille. On doit l'amener à réfléchir à d'autres possibilités. Souvent, au départ, il ne voit que cette solution-là", a-t-il ajouté.

L'entrepreneur doit aussi songer assez tôt à sa succession. "Plus il attend, plus il court le risque d'une cessation de l'activité de son entreprise". Une anticipation qui vaut la peine: après cinq ans, environ les trois quarts des entreprises reprises sont encore là. Le pourcentage pour les créations d'entreprises est beaucoup plus bas.

sda-ats

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