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Avec la réforme de la fiscalité des entreprises, le canton de Genève devrait bondir au classement de la compétitivité de Credit Suisse (photo symbolique).

KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

(sda-ats)

Le canton de Zoug reste le plus attractif pour les entreprises en 2016, tandis que la Suisse romande est toujours absente du "top 10". Avec la réforme fiscale toutefois, Genève devrait bondir dès 2020 à la 4e place et Bâle-Ville évincer Zurich.

En 2016, Zoug se maintient en tête avec une nette avance, constate l'étude annuelle de Credit Suisse publiée jeudi. Zurich défend sa 2e position, suivi de l'Argovie. Des cantons alémaniques, dont Bâle-Ville, Nidwald, Lucerne, Schwyz ou encore Appenzell Rhodes-Extérieures complètent le palmarès des dix cantons les plus compétitifs.

Les conditions-cadres offertes aux entreprises déterminent le potentiel économique à long terme de chaque région. L'indice de qualité de la localisation (IQL) de Credit Suisse, développé depuis 1997, mesure cet attrait sur la base de sept facteurs, tels que la fiscalité, l'accessibilité ou encore la disponibilité de main-d'oeuvre très qualifiée.

A cette aune, les cantons romands font piètre figure. Genève obtient la 13e place, Vaud la 17e, Neuchâtel la 19e (derrière Berne) et Fribourg la 22e. Devancés par le Tessin (23e), le Valais (25e) et le Jura (26e) ferment la marche. Ces cantons montagneux et périphériques, à l'instar des Grisons, se situent sous la moyenne nationale, pénalisés par leur topographie, selon Credit Suisse.

Disparités intracantonales

Mais l'observation à l'échelle cantonale ne suffit pas. Les différences s'avèrent parfois considérables entre les régions à l'intérieur d'un même canton. C'est pourquoi les économistes de Credit Suisse opèrent encore la distinction au niveau des 110 régions économiques.

Ainsi, en Suisse romande, c'est Nyon qui brille. Lausanne obtient la 40e position mais le Pays d'Enhaut, la 108e. Sans surprise, les centres de Zurich, Zoug, Baden, Lucerne, Bâle et Berne, avec leurs agglomérations, comptent parmi les plus attractives pour les entreprises grâce à leurs réseaux de transport. Au Tessin, c'est le cas de Mendrisio et Lugano.

Le fossé est aussi évident entre villes et campagnes concernant la disponibilité des salariés très qualifiés. La ville de Zurich se classe au premier rang des 110 régions économiques, avec 51,8% d'employés spécialisés. Ces derniers sont plus rares dans les cantons francophones et au Tessin.

Bond pour Genève

La réforme de l'imposition des entreprises III (RIE III) apportera de grands chamboulements à partir de 2020, avec un impact radical sur le classement des cantons, affirme Credit Suisse. En prévoyant d'abaisser à 13% le taux d'imposition des bénéfices et à 1% le taux d'imposition du capital, Bâle-Ville devrait ravir à Zurich la deuxième place sur le podium.

Genève pourra lui aussi compenser son désavantage actuel lié à un impôt sur les sociétés élevé. Le canton du bout du lac devrait même bondir à la 4e place (+9) au classement de la qualité de la localisation. Vaud, actuellement en deçà de la moyenne suisse, devrait remonter à la 11e (+6) et Bâle-Campagne à la 6e (+5).

L'accessibilité améliorée après l'ouverture des tunnels de base du Gothard et du Monte Ceneri ne devrait avoir qu'un faible impact. Au Tessin et dans le canton d'Uri, les NLFA auront certes des répercussions positives, notamment pour le tourisme journalier ainsi que sur les flux de pendulaires, et donc sur le marché immobilier.

sda-ats

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