Après la Suisse et l’Allemagne, Ed Fagan s’attaque à l’Autriche

Répétition de l'histoire: moins de deux ans après l'accord historique intervenu entre les représentants de victimes de l'Holocauste et les banques suisses, une plainte en nom collectif vient d'être déposée contre l'Autriche.

Ce contenu a été publié le 14 avril 2000 - 19:19

Répétition de l’histoire: moins de deux ans après l’accord historique intervenu entre les représentants de victimes de l’Holocauste et les banques suisses, une plainte en nom collectif vient d’être déposée contre l’Autriche.

L’affaire laisse une impression de déjà vu. En août 1998, grâce à un compromis intervenu entre les représentants de victimes de l’Holocauste et les institutions bancaires helvétiques, la Suisse réussissait à échapper à toute poursuite judiciaire aux Etats-Unis.

Aujourd’hui, c’est au tour de l’Autriche de devoir régler ses comptes avec son passé. Jeudi, une plainte en nom collectif contre l’industrie et le gouvernement autrichiens a été déposée devant un tribunal de New York.

A la tête des avocats à l’origine de cette plainte: l’Américain Ed Fagan (photo d'archive), l’un de ceux qui ont obtenu, il y a deux ans, le versement de 1,25 milliard de dollars de la part des banques suisses. Contre l’Autriche, pays intégré au IIIème Reich, la somme réclamée s’élève à 18 milliards de dollars.

L’action lancée par Fagan, et d’autres avocats, n’intervient pas aujourd’hui par hasard. Non seulement l’âge des plaignants les rapproche de plus en plus de la mort, mais le gouvernement autrichien traverse actuellement la phase la plus critique de son histoire.

La présence de ministres d’extrême-droite à la tête de l’Etat oblige le chancelier Wolfgang Schüssel à multiplier les signes de bonne volonté démocratique. Dans ce sens, il s’est déjà engagé, il y a un mois, à indemniser les victimes encore vivantes du travail forcé.

«C’est une indemnisation globale de toutes les victimes que nous réclamons», réplique Ed Fagan, qui entend par là les réparations aux spoliations de tout ordre dont ont été victimes les 200 000 juifs vivant en Autriche avant la guerre.

«Il est important de forcer le gouvernement à prendre des mesures pour tous les dossiers», explique l’historien Bertrand Perz, membre de la Commission historique mise en place par l’Autriche, en 1998, pour faire la lumière complète sur le passé nazi du pays. «Cependant, je crains qu’un mélange de tous les dossiers n’aboutisse qu’à un retard encore plus grand dans le versement des premières indemnisations».

Paul Alexandre, Vienne

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