ABB à la conquête de l’eldorado chinois
Avec une croissance attendue de 20% par année, le géant helvético-suédois ABB veut faire, d'ici 2008, de la Chine son marché numéro un.
Et il n’est pas seul dans la course. Avec un milliard et demi de consommateurs, la Chine attise les convoitises de nombreuses autres multinationales.
En visite auprès de ses administrateurs à Pékin, le président d’ABB Jürgen Dormann annonce lundi la couleur.
En 2004, la Chine sera le 3ème plus important marché d’ABB derrière les Etats-Unis et l’Allemagne. Elle devrait générer des ventes de 2,4 milliards de francs suisses, pour un chiffre d’affaires attendu de plus de 21 milliards de francs.
Avec une croissance à deux chiffres depuis plusieurs années, le marché chinois devrait afficher, au moins jusqu’en 2008, des hausses annuelles de 20%, estime Jürgen Dormann. A cette date, la Chine aurait donc dépassé le marché allemand.
Les jeux Olympiques de 2008 et l’exposition universelle de 2010 viendront encore doper la demande pour les investissements étrangers et les projets d’infrastructures, explique le président d’ABB.
Le groupe helvético-suédois, dont le siège est à Zurich, exploite actuellement 30 sites en Chine, employant quelque 7000 collaborateurs (sur près de 105’000 dans les monde).
Dans les prochaines années, ABB compte créer quelque 5000 nouveaux postes de travail dans ce pays.
Pas d’excès d’optimisme
«Ces prévisions sont loin d’être trop optimistes, explique à swissinfo le porte-parole d’ABB. Elles sont très réalistes, voire plutôt timides.»
Le groupe fournit des systèmes électriques et des systèmes d’automation. Et, selon Wolfram Eberhardt, «dans les infrastructures, les investissements sont bien mieux assurés que dans d’autres secteurs.»
Et de préciser: «La Chine a absolument besoin de moderniser par exemple son réseau électrique. Et dans ce domaine le gouvernement a établi ses plans depuis des années».
Le nouvel eldorado
L’immense territoire de la Chine abrite un cinquième de la population mondiale. Mais c’est depuis quelques années que ce colosse a commencé à acquérir un réel poids économique.
Depuis dix ans, le pays affiche un taux de croissance de 8% par année en moyenne et son économie est désormais la sixième du monde.
Avant les Etats-Unis, la Chine est, aujourd’hui, le pays au monde qui attire le plus d’investissements étrangers. En 2003, ils s’élèvent à 65 milliards de francs suisses.
Les entreprises helvétiques n’ont pas été les dernières à se lancer dans ce nouvel eldorado. Selon les estimations du Secrétariat d’Etat à l’économie (seco), le montant de leurs investissements se situe entre 3 et 5 milliards de francs.
Quelque 250 firmes suisses sont présentes dans le pays, soit avec des filiales, soit sous forme de co-entreprises avec des partenaires locaux.
On y trouve notamment tous les géants de la chimie, mais aussi des machines, des produits de luxe, de la construction et bien sûr de l’alimentation, avec une présence massive de Nestlé, numéro un mondial du secteur.
swissinfo et les agences
La Chine est devenue en dix ans la sixième économie du monde.
Son taux de croissance annuel est de 8%.
Sa part aux échanges commerciaux mondiaux est aujourd’hui de 6%, contre 1% en 1979.
Depuis l’ouverture de son marché, les volumes de ses importations et de ses exportations augmentent de 15% par année, soit deux fois plus vite que la moyenne mondiale.
– En plein boom économique, la Chine attire désormais plus d’investissements étrangers que n’importe quel pays au monde. En 2003, ils ont été de 65 milliards de francs suisses.
– La Suisse figure parmi les 15 plus gros investisseurs en Chine. Le seco estime les investissements directs des firmes helvétiques dans l’Empire du Milieu entre 3 et 5 milliards de francs.
– Quelque 250 sociétés suisses sont présentes sous diverses formes en Chine.
– Parmi elles, le géant industriel ABB, les chimiques Ciba, Clariant, Ems, Lonza, Novartis et Roche, ainsi que les ciments Holcim et les périphériques d’ordinateurs Logitech.
– Le groupe alimentaire Nestlé serait le plus gros investisseur suisse en Chine (un milliard de francs en 2003), où il dispose de 20 centres de production et de plus de 10’000 employés.
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