Novartis décroche l’Amérique
L'année 2001 a été particulièrement faste pour la multinationale bâloise. Des résultats qui doivent beaucoup au secteur Pharma et aux ventes aux Etats-Unis.
La direction du groupe l’a confirmé jeudi à Bâle: Novartis se porte bien. En 2001, son chiffre d’affaires a dépassé 32 milliards de francs, en hausse de 10%. Et le bénéfice net progresse de 8%, à plus de 7 milliards de francs.
Côté effectifs, Novartis emploie aujourd’hui plus de 71 000 personnes dans le monde, soit 3000 de plus qu’un an auparavant.
Une bonne stratégie
Pour Daniel Vasella, président et administrateur délégué, ces bons résultats sont le fruit des options stratégiques du groupe. Elles tiennent en deux grands axes: recentrage sur le domaine de la santé et renforcement des activités aux Etats-Unis.
En chiffres, cela se traduit par une croissance de 11% des ventes de la division Pharma. Son chiffre d’affaires global dépasse ainsi les 20 milliards de francs et les six produits-phare du catalogue génèrent plus d’un milliard de francs de recettes chacun.
A noter que, sur le marché américain, la progression de la division Pharma atteint les 24%, un record dans l’histoire du groupe. A elles seules, les ventes aux Etats-Unis représentent 43% du chiffre d’affaires des médicaments Novartis.
Le plus fort reste à venir
Le géant bâlois ne s’endort pas pour autant sur ses lauriers. En 2001, il a investi un montant record de 4,2 milliards de francs dans la recherche et le développement. Rien que dans le secteur Pharma, ses laboratoires travaillent sur 66 nouveaux projets.
Parmi ceux qui viennent d’aboutir, Novartis attend beaucoup du Gleevec, un nouveau traitement contre la leucémie. Qui vient d’être approuvé par les autorités américaines et qui arrivera sur le marché européen au milieu de cette année.
Autre futur produit-vedette, le Zometa qui permet, lui, de lutter contre l’augmentation du taux de calcium dans le sang. Selon Novartis, il devrait entrer dans la catégorie des «blockbusters», soit des médicaments dont les ventes annuelles dépassent le milliard de francs.
Fort de ces promesses, Novartis table sur une croissance à deux chiffres pour l’année en cours.
La fusion avec Roche n’est pas pour demain
Le bilan de Novartis au 31 décembre 2001 reste très solide, malgré de grosses dépenses sur les marchés financiers. Le groupe a notamment racheté à Martin Ebner son paquet d’actions Roche, pour 5,2 milliards de francs.
En entrant pour 21% dans le capital de son voisin et concurrent, Novartis tablait sur un rapprochement entre les deux géants de la chimie bâloise. Mais la famille Oeri-Hofmann – qui détient toujours plus de 50% des actions Roche – tient farouchement à l’indépendance de son groupe.
Depuis son acquisition, ce portefeuille a perdu quelque 15% de sa valeur. Par conséquent, Novartis n’entend pas le revendre dans l’immédiat. Mais à terme, on peut s’attendre à voir le groupe récupérer sa mise pour l’investir plus utilement, par exemple dans les bio-technologies.
Conforme aux prévisions
Ces bons résultats de Novartis ne surprennent pas les analystes. Selon Michel Thierrin, de la banque Bordier & Cie, ils ne sont que légèrement supérieurs aux attentes.
«Le secteur pharmaceutique bénéficie assurément de la croissance et du vieillissement de la population, constate l’analyste. Si vous y ajoutez une forte présence sur le marché américain, qui est le plus dynamique et le plus rentable de tous, vous avez les clefs du succès de Novartis».
Reste à savoir jusqu’où le groupe ira dans son «recentrage sur son métier de base». En début de semaine, il a annoncé que son secteur Nutrition – qui comprend notamment les marques Caotina, Ovomaltine et Isostar – était à vendre.
Et, même si la chose n’est pas officiellement à l’ordre du jour, Michel Thierrin ne serait pas surpris de voir un jour Novartis se débarrasser du secteur Santé animale, le seul dont les performances ont reculé l’an dernier.
Marc-André Miserez
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