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L'explosion s'est produite dans le quartier de Rachidine, en lisière d'Alep, où des dizaines de cars avec à leur bord des habitants chiites de deux villages en cours d'évacuation, attendaient de pouvoir pénétrer dans la grande ville (image symbolique).

KEYSTONE/AP Syrian Central Military Media/UNCREDITED

(sda-ats)

Une quarantaine de personnes ont été tuées samedi lorsqu'un kamikaze a fait exploser un véhicule piégé près d'Alep, en Syrie, selon un nouveau bilan. L'attaque a visé des bus transportant des chiites évacués de localités loyalistes.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a fait état d'au moins 43 victimes. La télévision d'Etat syrienne a de son côté parlé de 39 morts. Des dizaines de personnes ont également été blessées.

"Le kamikaze conduisait une camionnette transportant de l'aide alimentaire et l'a fait exploser près des 75 bus" stationnés à Rachidine, secteur rebelle à l'ouest de la métropole, selon l'OSDH. L'attaque a également fait "plusieurs dizaines de blessés", a-t-il ajouté.

C'est à bord de ces bus que 5000 personnes avaient été évacuées vendredi de Foua et Kafraya, deux localités loyalistes assiégées par les rebelles, en vertu d'un accord qui a permis l'évacuation simultanée de deux localités rebelles assiégés par le régime.

Les cars attendaient là depuis vendredi soir, en dehors de la ville, l'accord d'évacuation conclu entre belligérants ayant été suspendu. Sur des images diffusées par les médias syriens, on peut voir des cars noircis par l'explosion, avec les vitres brisées. Des corps jonchent le sol et une épaisse fumée noire s'élève d'endroits en flammes.

Evacuations bloquées

La télévision d'Etat a imputé aux "groupes terroristes" - terme utilisé par le régime pour désigner rebelles et terroristes - la responsabilité de cet "attentat à la voiture piégée". Il n'était pas clair dans l'immédiat si parmi les morts figuraient des rebelles qui gardaient la zone des bus.

Avant cette attaque, des milliers de personnes évacuées de quatre localités assiégées, dont Foua et Kafraya, étaient bloquées depuis vendredi en raison de désaccords les empêchant de poursuivre leur chemin.

Vendredi, plus de 7000 personnes avaient été simultanément évacuées de Foua et Kafraya (5000) et des localités rebelles de Madaya et Zabadani (2200), d'après l'OSDH. Ces évacuations, les dernières d'une longue série depuis le début il y a six ans de la guerre en Syrie, sont intervenues vendredi en vertu d'un accord conclu entre le Qatar, soutien de la rébellion, et l'Iran, allié du régime de Bachar al-Assad.

Après leur évacuation, les combattants et civils de Foua et Kafraya auraient dû se diriger vers Damas et la province de Lattaquié (ouest), places fortes du régime. Simultanément, les personnes évacuées de Madaya et Zabadani devaient se rendre dans la province rebelle d'Idleb (nord-ouest).

Mais en raison de désaccords, les personnes évacuées de Foua et Kafraya étaient bloquées à Rachidine, tandis que celles parties de Madaya et Zabadani attendaient encore à Ramoussa, secteur loyaliste également à l'ouest d'Alep.

ATS