Suisse et Japon veulent rapprocher leurs marchés
Tokyo et Berne ont convenu vendredi de démarrer les négociations en vue d'un accord de libre-échange qui pourraient les lier dès l'an prochain.
Ce serait la première fois qu’un pays européen bénéficierait d’un accord préférentiel avec le Japon.
Le feu vert pour l’ouverture de négociations fait suite à un entretien téléphonique entre la présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey et le Premier ministre japonais Shinzo Abe.
Tous deux ont demandé à leurs délégations respectives de commencer leurs travaux dans les meilleurs délais, indique le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).
L’accord de libre-échange en question vise en particulier à ce que les entreprises bénéficient d’un accès facilité et non discriminatoire au marché.
Aller très vite
Compte tenu des intérêts convergents des deux pays et de leurs bonnes relations, le secrétaire d’Etat à l’économie Jean-Daniel Gerber ne s’attend pas à des négociations trop difficiles.
Il souhaite aller «très vite» et boucler le dossier dans les douze mois. Ce calendrier est réaliste, selon lui, au vu de l’accord conclu en six mois avec la Corée du Sud et le Mexique.
L’objectif est de conclure un accord global, portant aussi bien sur les droits de douane que sur la propriété intellectuelle, les investissements ou encore les services.
Le domaine agricole ne devrait pas poser problème, mais des discussions intensives sont à attendre dans d’autres secteurs, notamment la propriété intellectuelle, pronostique Jean-Daniel Gerber. Il ne sera pas question du secret bancaire et d’un échange d’informations, souligne-t-il.
Avant l’Union européenne
Le secrétaire d’Etat n’est pas en mesure de chiffrer l’impact économique de l’accord. Des effets positifs sont néanmoins quasiment garantis, l’important étant de ne pas être discriminé, notamment par rapport à l’Union européenne (UE).
La Suisse a d’ailleurs pris de vitesse l’UE en ce qui concerne le Japon, la Corée du Sud (accord conclu) et la Thaïlande (en négociation).
La décision de négocier avec Tokyo est saluée par economiesuisse. En plus de renforcer la position de l’économie suisse au Japon, la conclusion d’un tel accord de libre-échange «s’inscrit admirablement dans la nouvelle stratégie de politique
économique extérieure de la Suisse».
Cela est d’autant plus important que les négociations du cycle de Doha sont actuellement interrompus à l’OMC, relève l’organisation faîtière.
Troisième partenaire commercial
Le Japon constitue le troisième débouché pour l’économie suisse, derrière l’UE et les Etats-Unis, avant tout pour les produits chimiques et pharmaceutiques, ainsi que pour l’horlogerie et les machines.
Les exportations suisses de marchandises vers le Japon se sont élevées à 5,9 milliards de francs en 2005, celles de ce pays vers la Suisse à quelque 3 milliards.
swissinfo et les agences
La Suisse prône de longue date le libre-échange, qui implique de favoriser la libre circulation des biens et des services en abaissant les barrières douanières et tarifaires.
Elle signe des accords de libre-échange seule ou dans le cadre de l’AELE (Association européenne de libre-échange avec Norvège, Islande et Lichtenstein), comme avec l’Egypte en marge du prochain Forum Economique de Davos (WEF) par exemple. Ou prochainement avec le Canada, les négociations ayant considérablement progressé.
Buttant sur la question de l’agriculture, l’idée d’un accord avec les Etats-Unis a été abandonnée il y a un an. Des entretiens exploratoires sont en cours en vue d’un éventuel accord agricole avec l’UE.
Le Japon est le troisième partenaire économique de la Suisse après l’Union européenne et les Etats-Unis.
Chiffres 2005:
Exportations suisses de marchandises vers le Japon: 5,9 milliards de francs
Importations: 3 milliards
Exportations de services: 6,3 milliards
Importations: 2,7 milliards
Investissements directs (ID): 7,7 milliards
ID du Japon en Suisse: 1,1 milliards
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