

Aujourd’hui en Suisse
Bonjour à vous, lecteurs d’ici et d’ailleurs,
«Super dimanche» de votations en Suisse, et nouvelle défaite pour l’UDC (la huitième en six ans), qui ne semble pas avoir compris que son thème fétiche, l’immigration, ne fait plus recette. Son initiative, qui voulait résilier l’accord de libre-circulation avec l’UE, est balayée.
Pour le reste, c’est un oui très net au congé paternité et un non tout aussi net aux déductions fiscales pour les familles. Le sort des deux derniers objets s’est joué dans un mouchoir: oui aux nouveaux avions de combat et non à la nouvelle Loi sur la chasse.
Et oui, nous savons que de nombreux Suisses de l’étranger ont été cette fois encore privés «de facto» de leur droit de vote, n’ayant pas reçu ou reçu trop tard l’enveloppe officielle qui leur permet de l’exercer. Nous en avons souvent parlé – et nous ne manquerons pas d’y revenir.
Excellente lecture en attendant,

Maigre consolation pour Marco Chiesa, nouveau président de l’UDC: son canton, le Tessin, a accepté l’initiative dite «de limitation» du parti souverainiste. Mais il a été un des seuls, avec Appenzell Rhodes-Intérieures, Schwytz et Glaris. Avec 61,7% de non au niveau du peuple, l’UDC enregistre sa huitième défaite de rang en votation fédérale depuis 2014.
«Pendant 20 ans, l’UDC a défini les règles de la politique fédérale. Aujourd’hui, cela ne fonctionne plus», commente le politologue Claude Longchamp pour swissinfo.ch. Sur les ondes de la RTS, la vice-présidente de l’UDC Céline Amaudruz a estimé que les gens avaient eu peur de la «clause guillotine», qui aurait fait tomber les six autres accords bilatéraux en cas de résiliation de la libre-circulation.
Le verdict des urnes a été accueilli avec satisfaction à Bruxelles. La Suisse et l’UE devraient maintenait pourvoir avancer sur l’accord-cadre institutionnel qui doit les lier. Mais là encore, l’UDC a la ferme intention de tout faire pour le torpiller.
- L’article de ma collègue Katy Romy
- Point fort – Initiative de limitation

Le suspense aura duré jusqu’au bout pour l’achat des nouveaux avions de combat. L’enveloppe budgétaire de 6 milliards de francs est acceptée de justesse (50,1%), avec un net clivage entre Suisse latine (non) et Suisse alémanique (oui).
Les F/A-18 de l’armée suisse arriveront en fin de vie en 2030 et le Conseil fédéral veut les remplacer. La majorité du Parlement avait déjà approuvé le crédit d’achat en décembre dernier, mais les opposants à cette dépense, Groupe pour une Suisse sans armée en tête, sont parvenus à réunir les 50’000 signatures nécessaires à l’organisation du référendum.
Les citoyennes et citoyens votaient sans savoir quel avion sera finalement acheté. La décision reviendra au Conseil fédéral, qui a présélectionné quatre modèles: le Rafale (Dassault), l’Eurofighter (Airbus), le F/A-18 Super Hornet (Boeing)et le F-35A (Lockheed-Martin).
- L’article de ma collègue Pauline Turuban
- Point fort – Avions de combat

La Suisse a son congé paternité. Comme annoncé par les sondages, les citoyennes et citoyens ont nettement accepté d’offrir deux semaines aux nouveaux pères. Après le congé maternité de 14 semaines, accordé en 2005, ce nouvel instrument de politique familiale permet à la Suisse de rattraper une partie de son retard sur ses voisins européens.
Avec ses deux semaines, la Suisse reste tout de même en queue de peloton comparée aux autres pays de l’OCDE. Elle côtoie le Royaume-Uni, la Pologne, l’Irlande, l’Estonie ou le Danemark. Par contre, la France, la Belgique, le Luxembourg, et même l’Autriche et l’Allemagne sont nettement plus généreux, alors que l’Italie l’est beaucoup moins.
Le projet accepté par le peuple prévoit d’introduire un congé paternité de deux semaines, financé par les allocations perte de gain. Celui-ci devra être pris dans les six mois suivant la naissance de l’enfant. Le père touche 80% de son revenu moyen durant son congé.
- L’article de ma collègue Marie Vuilleumier
- Point fort – Congé paternité

L’autre objet de politique familiale, les nouvelles déductions pour enfants, en revanche, n’a pas du tout convaincu. La gauche dénonçait une «arnaque fiscale», soit un cadeau réservé aux seules familles riches. Seuls 36,8% des citoyennes et citoyens ont voté oui.
«Une claque pour la classe moyenne», a réagi le vice-président des démocrates-chrétiens, qui soutenaient la réforme. À gauche par contre, on se réjouit de l’échec d’un projet «mal foutu», qui «fonctionnait sur le même vieux schéma: la mère à la maison et le père à 100% au travail».
- L’article de ma collègue Marie Vuilleumier
- Point fort – Déductions pour familles

Suspense jusqu’au bout également – et enfin – pour la nouvelle Loi sur la chasse, refusée de justesse, à 51,9%. Le texte du gouvernement avait le soutien de la majorité de droite du parlement. Le référendum émanait de défenseurs de la nature, soutenus par les partis de gauche.
Le débat a surtout porté sur les grands prédateurs, comme le loup, dont la nouvelle loi facilite l’abattage. Pour les uns le texte donnait l’autorisation de faire «feu à volonté», alors que pour les autres, il instaurait les bases d’une «cohabitation durable» entre l’homme et le canidé.
En détail, on remarque que les cantons où le loup est présent ont plutôt voté oui. En revanche, le clivage ville-campagne, traditionnellement au rendez-vous pour de tels sujets, semble aujourd’hui écarté. Symboliquement, les deux demi-cantons de Bâle-Ville et de Bâle-Campagne ont tous les deux voté non.
- L’article de ma collègue Marie Vuilleumier
- Point fort – Loi sur la chasse
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