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Aujourd’hui en Suisse

Chères Suissesses, chers Suisses de l'étranger,

Les signatures électroniques: bonnes pour la démocratie, mais néfastes pour le prestige diplomatique suisse? De manière inattendue, le président américain Donald Trump a signé à l’avance, à Versailles, le protocole d’accord conclu avec l'Iran sous forme numérique. Que se passera-t-il alors au Bürgenstock, dans le canton de Nidwald, où la cérémonie de signature était prévue demain?

Bonne lecture,

trump macron
Emmanuel Macron et Donald Trump à Versailles. Anna Moneymaker/Getty Images via Keystone

Le protocole d’accord annoncé entre Washington et Téhéran, dont la cérémonie de signature était prévue en Suisse, a été signé numériquement dans la nuit par le président américain Donald Trump depuis le château de Versailles, en compagnie de son homologue français Emmanuel Macron. Une rencontre devrait néanmoins se tenir dans le canton de Nidwald.

En Suisse, bien des sourcils se sont levés ce matin à la lecture de la nouvelle de la signature numérique de Donald Trump. La veille, tous les médias avaient annoncé que le document serait paraphé vendredi au Bürgenstock.

Beaucoup de gens se demandent si la Suisse sera encore impliquée. Dans une déclaration transmise à Keystone-ATS, le Département fédéral des affaires étrangères confirme qu’une rencontre aura bien lieu dans le palace nidwaldien. En l’état actuel des choses, il est en effet toujours prévu que des représentants américains et iraniens, accompagnés de médiateurs pakistanais, qataris et d’autres pays concernés, s’y réunissent pour entamer les premières négociations sur la mise en œuvre du protocole d’accord.

Dans un éditorial, Bluenews souligne que la France a volé la vedette à la Suisse, en offrant Versailles pour décor à ce moment symbolique fort pour la géopolitique internationale. Malgré les remerciements adressés par Emmanuel Macron à la Suisse pour sa collaboration lors du G7 d’Évian, la signature de Donald Trump dans le château du Roi Soleil est perçue comme un nouvel affront de la part de la France. Cette dernière n’a jamais laissé entendre qu’elle contribuerait aux coûts de sécurité assumés par la Suisse en raison du sommet organisé à deux pas de sa frontière.

Parmelin
L’accord avait été qualifié d’«excellent et globalement très favorable pour notre pays» par le président de la Confédération Guy Parmelin. Keystone / Anthony Anex

Après trois heures de débats animés, le Conseil national a dit non hier soir à l’accord de libre-échange entre l’AELE (dont la Suisse fait partie) et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay), par 96 voix contre 86 et 9 abstentions. Le dossier passe maintenant aux mains du Conseil des États.

Une partie de l’Union démocratique du centre (UDC, droite conservatrice) et du Centre s’est jointe à la gauche – qui n’avait pas réussi auparavant à faire adopter ses propositions en matière de défense des droits humains et de l’environnement – pour rejeter l’accord. Le résultat a surpris, car le débat sur l’entrée en matière laissait présager un large oui. Les voix défendant le monde agricole ont fait la différence: la demande d’un crédit de 880 millions de francs destiné à compenser les pertes redoutées par les agriculteurs et agricultrices en cas d’acceptation de l’accord avait en effet été rejetée.

Autre décision marquante du jour au Conseil national: l’approbation du contre-projet indirect du Conseil fédéral à l’initiative populaire «Stop au blackout», qui prévoit la levée de l’interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires en Suisse. Le peuple aura probablement le dernier mot, les Vert-e-s ayant déjà annoncé un référendum.

À deux voix près (100 contre 98), le National s’est aligné sur le Conseil des États en se prononçant contre le renvoi du dossier au gouvernement pour obtenir des éclaircissements supplémentaires sur les conséquences financières de la construction de nouvelles centrales. Lundi, la chambre s’était pourtant exprimée en faveur de cette proposition.

naissances
Le taux de fécondité en Suisse s’est établi à 1,28 enfant par femme en 2025. Keystone / Jean-Christophe Bott

Les naissances ont encore reculé en Suisse en 2025, quoique de manière modérée. Le nombre de décès est quant à lui resté quasiment stable. C’est le tableau du mouvement naturel de la population dressé aujourd’hui par l’Office fédéral de la statistique (OFS).

L’année dernière, 78’200 enfants sont venus au monde, soit 100 de moins qu’en 2024 (-0,1%). Il s’agit de la quatrième année consécutive de baisse, même si elle est moins marquée qu’en 2024 (-2,2%) et en 2023 (-2,8%). L’âge moyen à la première grossesse a grimpé à 32,5 ans, contre 32,4 ans l’année précédente.

Les décès se sont quant à eux établis à 71’900 en 2025, portant l’accroissement naturel de la population – c’est-à-dire la différence entre les naissances et les décès – à environ 6300 personnes. Bien que toujours positif, ce solde continue de se réduire et reste loin du pic de 22’900 enregistré en 2016.

L’OFS rapporte par ailleurs une diminution tant des mariages (35’900 unions / -2,3%) que des divorces (15’800 / -2,2%). Selon une estimation provisoire, si les tendances actuelles se confirment, près de deux mariages sur cinq pourraient se terminer par un divorce.

Micky Hohl
Micky Hohl tient son souvenir suisse du Mondial. zVg

L’équipe nationale suisse joue ce soir son deuxième match dans le cadre de la Coupe du monde de football en Amérique du Nord. Comme lors de la première rencontre, nous donnons la parole à un Suisse de l’étranger qui nous raconte comment il vit l’événement dans sa ville d’adoption, Los Angeles.

Micky Hohl, 62 ans, suit le tournoi depuis L.A. après près de quarante ans passés aux États-Unis. L’atmosphère dans la ville est animée, mais la Coupe du monde n’est pas toujours accessible. Avec 500 dollars (environ 400 francs), il n’aurait eu qu’une place «presque dans les nuages» au stade, bien loin du terrain sur lequel la Suisse tentera de prendre le dessus sur la Bosnie-Herzégovine.

Il a donc choisi de vivre l’événement dans son quartier, Koreatown, entre écrans géants et bars, drapeau suisse et cloche de vache à la main. La Coupe du monde est visible dans la ville, avec notamment des publicités, des gadgets et même des titres de transports publics spéciaux aux couleurs des différentes équipes. Bien qu’ils soient plus chers que les tickets ordinaires, Micky Hohl n’a pas pu résister à la tentation d’acheter ceux dédiés à la Nati.

À l’approche du tournoi, la fièvre footballistique s’est fait de plus en plus sentir, comme dans les fan zones telles que Liberty Park, aménagées dans les moindres détails. «Le parc était rempli d’équipes de nettoyage qui astiquaient chaque détail. En quatorze ans passés ici, je n’ai jamais vu ça», raconte Micky Hohl, qui regrette toutefois qu’aucune «watch party» officielle suisse ne soit prévue. «Même l’Ouzbékistan en organise une», lance-t-il.

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