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Chers lecteurs, chères lectrices,

Vous est‑il déjà arrivé de commander en ligne un produit bon marché qui s’est révélé, pour rester poli, très en dessous des attentes? On peut se tromper, mais il semble que même au Parlement on connaisse bien l’irritation que cela provoque. Deux motions visant les boutiques en ligne à bas prix y ont en tout cas obtenu un large soutien.

Bonne lecture!

Les logos de Temu et Shein sur un écran de téléphone
Une concurrence déloyale pour les entreprises suisses? La majorité du Parlement semble le penser. Keystone/DPA/Oliver Berg

Le Parlement a approuvé un durcissement des règles visant les boutiques en ligne à bas prix comme Temu et Shein. Après le Conseil des États, le National a lui aussi soutenu l’idée d’introduire une taxe sur les colis de faible valeur envoyés par ces fournisseurs, suivant ainsi l’exemple de l’Union européenne.

Par 130 voix contre 51, la Chambre basse a soutenu lundi une motion allant dans ce sens, déposée par Fabio Regazzi (Le Centre). Elle dénonce l’afflux massif de petits colis en provenance d’Asie, en particulier de Chine, souvent expédiés à des tarifs préférentiels et sans contrôles de conformité. Beaucoup de ces envois sont déclarés de manière incorrecte, voire pas déclarés du tout, et contiennent fréquemment des marchandises contrefaites.

Selon le conseiller national et président de l’Union suisse des arts et métiers (USAM), il s’agit d’une concurrence déloyale à l’égard des entreprises suisses, soumises à des exigences bien plus strictes. Fabio Regazzi propose donc d’introduire un système de contrôle renforcé, financé par une «petite taxe» prélevée sur chaque colis.

La gestion de ces envois pose également problème à l’Union européenne qui, depuis cette année, entend introduire une taxe sur toutes les marchandises entrant sur son territoire. Jusqu’à présent, les plateformes bénéficiaient de l’envoi gratuit pour les colis de faible valeur.

Par 140 voix contre 47, le Conseil national a également approuvé une autre motion visant à obliger les plateformes de vente en ligne à signaler clairement les produits qui ne correspondent pas aux normes suisses.

La salle du Conseil national.
La salle du Conseil national. Keystone / Peter Schneider

Ce mardi, le Parlement s’est penché sur plusieurs dossiers, allant du manque de logements à prix abordables aux conséquences du drame de Crans‑Montana, en passant par les déductions fiscales pour les entreprises exportatrices et les incitations au shopping pour les touristes.

Face à la grave pénurie de logements, le Conseil des États a approuvé – après le National – la prolongation des contributions fédérales à la construction de logements à loyers modérés, comme le souhaitait le Conseil fédéral.

La Chambre haute a également apporté son soutien à la participation financière de la Confédération à la table ronde chargée de gérer les conséquences de l’incendie de CransMontana. Par 36 voix contre 7, elle a accepté le crédit de 20 millions de francs demandé par le gouvernement.

Suivant les États, le National a également approuvé de justesse deux motions réclamant des déductions fiscales pour les entreprises exportatrices, afin de rendre la place économique suisse plus attractive. Cette décision va à l’encontre de l’avis des commissions compétentes des deux Chambres qui, comme le gouvernement, jugeaient peu opportun d’accorder de nouvelles subventions dans un contexte déjà tendu pour les finances fédérales, d’autant que la Suisse dispose déjà de l’une des places économiques les plus attractives au monde.

La Chambre basse a enfin décidé d’abaisser la valeur minimale des achats permettant aux touristes étrangers de demander une exemption de TVA, la faisant passer de 300 à 150 francs.

Crash aérien en 1973 à Hochwald.
Le frère jumeau de Marlene Vögtli, pompier et étudiant en médecine, fut parmi les premiers secouristes à intervenir sur le lieu du crash aérien en 1973. Keystone/str

Marlene Vögtli, une habitante du canton de Soleure, a été décorée de la British Empire Medal pour son long engagement auprès des survivants et des familles des victimes d’un accident aérien survenu dans son village de Hochwald en 1973.

Le 10 avril 1973, un avion en provenance de Bristol s’était écrasé près de Hochwald alors qu’il approchait de l’aéroport de Bâle en pleine tempête de neige. Cent huit personnes avaient perdu la vie; trente‑sept avaient survécu.

Marlene Vögtli était rentrée au pays après un séjour en Australie environ un an après la catastrophe. Lors de la commémoration du premier anniversaire du drame, de nombreux Britanniques se sont rendus à Hochwald pour rencontrer les personnes qui avaient porté secours à l’époque. La commune cherchait désespérément quelqu’un pour servir d’interprète et s’est tournée vers la jeune femme de 27 ans.

Depuis lors, et pendant plus de cinquante ans, Marlene Vögtli – qui deviendra ensuite maire – a organisé des cérémonies commémoratives, coordonné des visites, répondu à des lettres puis à des courriels, aidant survivants et proches des victimes lors de leurs déplacements à Hochwald. Elle demeure aujourd’hui encore une figure de référence pour de nombreuses personnes qui, des décennies après l’accident, continuent de revenir dans le canton de Soleure.

Lorsque l’ambassade du Royaume‑Uni l’a contactée pour lui annoncer la distinction décernée par la Couronne britannique, Marlene Vögtli n’a pas immédiatement compris de quoi il s’agissait. Elle considère en effet le rôle quelle a joué comme une évidence. «La catastrophe s’est produite sur le territoire de notre commune», dit‑elle. «Il est normal d’être présent lorsque les gens ont besoin de vous».

Tas de fumier
L’«arme du crime» était un tas de fumier (photo prétexte). Getty Images

Un agriculteur de la région de La Côte, dans le canton de Vaud, a été condamné pour s’être montré agressif envers deux inspecteurs cantonaux venus contrôler son exploitation. Le paysan a détruit la voiture de l’un d’eux en l’ensevelissant sous un tas de fumier.

Les faits remontent à juillet 2025. Lors d’un contrôle lié à des problèmes d’hygiène et de gestion du bétail, deux inspecteurs cantonaux se sont rendus dans l’exploitation de l’agriculteur, lequel n’avait pas respecté l’interdiction qui lui avait été imposée par le vétérinaire cantonal de livrer son lait.

À l’arrivée des fonctionnaires, l’agriculteur, furieux, les a menacés puis a chargé un conteneur de paille mouillée et de fumier avant de le déverser en deux fois sur la voiture de l’un des inspecteurs, la détruisant complètement.

Le paysan, qui a admis les faits, a été reconnu coupable de dommages à la propriété, de menaces contre l’autorité, d’entrave à un acte officiel et de désobéissance à une décision des autorités. La peine: 160 jours de prison avec sursis pendant cinq ans, ainsi qu’une amende de 600 francs.

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