La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les meilleures histoires
Démocratie suisse
Les meilleures histoires
Restez en contact avec la Suisse

Lukas Weber, directeur de l’OSE: «Il existe manifestement des lacunes dans la réglementation»

Lukas Weber, le nouveau directeur de l'Organisation des Suisses de l'étranger, pose dans la salle du Conseil national à Berne.
Lukas Weber, le nouveau directeur de l'Organisation des Suisses de l'étranger, dans la salle du Conseil national à Berne. Melanie Eichenberger / Swissinfo

De nouveaux visages, plus jeunes et plus féminins: le Conseil des Suisses de l’étranger s’est réuni pour la première fois dans sa nouvelle composition à l’occasion des «SwissCommunity Days» au Palais fédéral à Berne (22 et 23 août). Le directeur de l’Organisation des Suisses de l’étranger (OSE), Lukas Weber, tire un bilan globalement positif de l’événement, tout en pointant des pistes d’amélioration.

Swissinfo: Les «SwissCommunity Days» sont le premier grand événement que vous organisez depuis votre entrée en fonction il y a cinq mois. Quel est votre bilan?

Lukas Weber: J’ai la chance de pouvoir compter sur une équipe motivée, portée par la mission de l’OSE. Cela dit, les élections directes ont provoqué des remous de différentes natures.

Certains délégués ont été surpris par leur propre élection et se demandent s’ils souhaitent réellement assumer ce rôle. En Allemagne, deux personnes fraîchement élues se sont déjà retirées.

J’espère que nous parviendrons à stabiliser la situation, en tirant parti des avantages du système d’élections directes tout en retrouvant une certaine continuité.

Et concrètement, quel bilan tirez-vous des «SwissCommunity Days»?

L’ambiance et l’intérêt manifesté par les délégués ont été très stimulants. Tout a bien fonctionné grâce à l’engagement de l’équipe, ce qui n’allait pas de soi. Nous craignions notamment que la complexité logistique du Palais fédéral ne perturbe le déroulement des ateliers. Finalement, tout s’est bien passé.

La séance de clôture du premier jour a aussi été très intéressante: les délégués ont partagé leurs projets et exprimé leurs besoins pour exercer leur mandat. Beaucoup d’éléments ont émergé, que je vais discuter avec le comité.

Quand vous dites «stimulant», vous parlez surtout des personnes?

Exactement. J’ai senti que les gens étaient heureux d’être là, fiers d’être délégués. Ils sont curieux de ce qui les attend, désireux d’apprendre et reconnaissants pour le programme proposé. Et le fait que cela se déroule au Palais fédéral ajoute évidemment à la symbolique.

>> Notre compte-rendu de la séance du Conseil des Suisses de l’étranger:

Plus

Le nouveau format des «SwissCommunity Days» a-t-il convaincu les délégués présents?

La moitié des délégués étant nouveaux, ils n’ont pas de point de comparaison. C’est aussi mon cas. Mais j’ai l’impression que certains regrets manifestés par les anciens pour le format du Congrès des Suisses de l’étranger s’est atténuée.

Le programme a visiblement largement convaincu les participants, qui ont adopté le nouveau format de manière assez naturelle. Mon impression: les nostalgiques sont moins nombreux, et ceux qui apprécient le nouveau format sont en hausse.

Le nom «SwissCommunity Days» a suscité des discussions parmi les délégués. Le terme «Congrès des Suisses de l’étranger» ne correspondait-il pas mieux à l’esprit de l’événement?

Le terme «SwissCommunity Days» me semble adéquat. On peut discuter de l’usage de l’anglais, mais le sens est pertinent. Un congrès évoque davantage une logique où l’on se fait servir. Ici, on travaille ensemble. Les participants contribuent activement, il y a des ateliers, et les journées sont par définition interactives.

Conseil des Suisses de l'étranger
Le président du Conseil des Suisses de l’étranger Filippo Lombardi et son directeur Lukas Weber. Swissinfo / Samuel Jaberg

Avec l’introduction des élections directes dans de nombreux pays, le Conseil des Suisses de l’étranger a été largement renouvelé. Comment cela s’est-il manifesté pendant les «SwissCommunity Days»?

Cela s’est ressenti. Certains délégués ne semblaient pas encore bien cerner leur rôle. Une partie d’entre eux doivent encore s’approprier leur fonction. Les «SwissCommunity Days» ont justement permis aux nouveaux élus de faire leurs premiers pas, de s’immerger dans cette nouvelle réalité et de faire quelque chose pour la communauté des Suisses de l’étranger. En français, nous avons parlé d’«initiation», une sorte de passage vers un nouvel univers.

Quel a été pour vous le moment fort de ces deux journées à Berne?

De sentir le frémissement dans la salle. Mon premier discours s’adressait aux francophones, et j’ai senti qu’ils étaient attentifs, que le message passait.

Et quels ont été les points de friction?

Il est évident que nous devons revoir notre processus électoral, car des tensions étaient prévisibles. Nous avons aussi reçu un nombre record de propositions. Le règlement prévoit que des motions peuvent être déposées jusqu’à dix jours avant la séance du Conseil, ce qui nous a mis sous pression pour les traiter à temps.

Je suis quelque peu surpris que cette limite de dix jours ne pose problème que maintenant, mais auparavant, il y avait peu de motions, donc pas de souci. Nous devons envisager de prolonger ce délai. Bref, il existe manifestement des lacunes dans la réglementation, qu’il faudra corriger durant cette législature. Il faudra combler les vides mais aussi alléger les excès de réglementation.

Cette réunion marque le début de la législature 2025–2029. Selon vous, la nouvelle composition du Conseil influencera-t-elle les thèmes abordés?

Je vais laisser les choses venir. Je ne suis pas en mesure de faire de pronostic. Quand on est nouveau dans le Conseil, il est difficile de définir les priorités pour les quatre prochaines années. Je pense donc que les anciens membres vont continuer à dominer les débats.

Quels seront les axes prioritaires de cette législature?

J’aimerais que nous nous concentrions sur la réglementation et la gouvernance. Comment piloter l’organisation? Quels organes, quelles missions, quelles compétences? Les finances seront aussi au cœur des préoccupations, car nous devons nous attendre dans le futur à une réduction du soutien de la Confédération, qui représente 83% de notre budget.

Donc principalement des enjeux organisationnels et financiers?

Cela peut sembler terre-à-terre, mais il faut d’abord assurer l’existence de l’organisation avant de se lancer par exemple dans des initiatives politiques ambitieuses.

Quels thèmes les délégués du Conseil des Suisses de l’étranger porteront-ils lors des prochaines sessions?

La volonté de participer davantage est manifeste. Les délégués souhaitent être plus impliqués. Mais, au final, il faut rester capable d’agir et de transformer les discussions en résultats concrets.

Traduit de l’allemand à l’aide de l’IA/sj

Les plus lus
Cinquième Suisse

Les plus discutés

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !

Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision