
Mise en accusation du jeune Américano-Suisse Raoul
Le procès de Raoul démarre ce lundi à Golden, dans l’Etat du Colorado. Le jeune garçon de 11 ans est accusé d’inceste et d’agression sexuelle envers sa demi-soeur âgée de 5 ans. L’enjeu est important pour l’avenir du jeune Américano-Suisse.
Le procès de Raoul démarre ce lundi à Golden, dans l’Etat du Colorado, avec sa mise en accusation. Le jeune garçon de 11 ans est accusé d’inceste et d’agression sexuelle envers sa demi-soeur âgée de 5 ans. L’enjeu est important pour l’avenir du jeune Américano-Suisse (en photo, ses parents) mais il est encore possible pour lui d’éviter une condamnation.
Malgré la campagne de lettres organisée par Amnesty International, le Ministère public du Colorado ne semble pas faiblir. Outre le chef d’accusation initial, celui d’inceste, il en a soumis un autre, celui d’agression sexuelle. Ces deux chefs d’accusation ont été retenus par le magistrat chargé de l’affaire, ce qui signifie que, si la culpabilité de Raoul est établie, l’enfant risque deux ans de détention, accompagnés d’un traitement médical ou psychologique.
Contrairement au système judiciaire suisse, la justice américaine tend en effet à criminaliser la délinquance juvénile. A cet égard, la détention provisoire de Raoul et les sanctions qui pèsent sur lui n’ont malheureusement rien d’exceptionnel aux Etats-Unis, où le cas du jeune garcon ne défraie d’ailleurs pas la chronique. Chaque année aux Etats-Unis, deux millions de mineurs sont arrêtés, environ 400 000 placés en détention préventive, et plus de 4000 incarcérés.
Malgré sa propension à privilégier la répression, la justice américaine est aussi ouverte à des accords à l’amiable, que ce soit avant ou pendant les procès. Le Ministère public du Colorado a ainsi fait savoir qu’il est prêt à négocier et pourrait éviter un procès à Raoul au cas où l’enfant admettrait sa culpabilité. Dans cette affaire, le Ministère public est d’autant plus disposé à trouver un accord qu’il n’est pas en position de force au plan juridique : en effet, le Ministère public reconnaît ne pas être en mesure d’établir un lien de parenté entre Raoul et la fillette, et donc, de prouver l’inceste.
Marie-Christine Bonzom

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