Aujourd’hui en Suisse
Chères Suissesses, chers Suisses de l'étranger,
Dans un pays comme la Suisse, où le peuple se prononce plusieurs fois par an sur les thèmes les plus divers, le financement de la vie politique revient souvent dans l’actualité.
C’est à nouveau le cas: le mandat du Contrôle fédéral des finances (CDF) consistant à rendre publics les revenus des partis et les sommes dépensées dans les campagnes électorales est remis en cause – dans une étude qu’il a lui-même commandée.
Bonne lecture!
Au nom de la transparence, le Contrôle fédéral des finances (CDF) a également depuis 2022 la mission de rendre public le financement de la vie politique. Il fournit à cette fin des données sur les recettes des partis et les sommes dépensées pour les campagnes en vue des élections et des votations. Selon une étude de l’Université de Berne, ce mandat est toutefois problématique et met en péril la crédibilité même du CDF.
Le CDF doit publier les informations fournies par les partis, même si elles sont erronées. Il n’a pas le droit d’apporter des corrections ou de signaler des inexactitudes. Cela porte atteinte à sa crédibilité auprès du public, conclut l’étude, laquelle met également en garde contre le risque de pressions politiques sur le CDF et son autonomie.
«Je ne me sens pas rassuré, a réagi Pascal Stirnimann, directeur du CDF, auprès de la RSI. Nous avons commandé cette étude précisément pour faire la lumière sur les questions relatives à notre indépendance et notre crédibilité. Et l’étude conclut clairement que nous ne devrions pas accomplir cette tâche.» À long terme, Pascal Stirnimann souhaite que ces tâches liées à la transparence du financement de la vie politique ne soient plus confiées au CDF.
En attendant, le mandat se poursuit. Le CDF a publié ce vendredi les données relatives aux votations du 8 mars dernier. Au total, 10,71 millions de francs ont été dépenséspour les campagnes sur les quatre objets soumis au vote, dont la majeure partie a été consacrée à l’initiative qui visait à réduire la redevance de la Société suisse de radiodiffusion et télévision (SSR). Pour cet objet, la note totale s’élève à 7,5 millions, dont 5,7 millions ont été dépensés par le camp de l’opposition. La proposition a été rejetée par près de 62 % des votants et votantes.
L’organisation du prochain G7 à Évian, en France voisine, alimente les crispations entre Paris et Berne. La Suisse craint que les risques sécuritaires et une partie de la facture ne soient reportés sur son territoire. Le ministre de l’Économie suisse, Guy Parmelin, en a fait part au président français Emmanuel Macron dans une lettre qui aurait «agacé» l’Élysée.
Le Département fédéral de l’Économie n’a pas souhaité commenter cette lettre, dont l’existence a été révélée par l’hebdomadaire satirique français Le Canard Enchaîné. Guy Parmelin y aurait exprimé «tout le mal qu’il pense» du G7 à Évian. Depuis plusieurs semaines, écrit la RTS, les autorités françaises donnent le sentiment de faire la sourde oreille à certaines préoccupations suisses.
Le Canard Enchaîné écrit que Paris attribue «en toute mauvaise foi» les risques de débordements à Genève le 14 juin – une manifestation a été autorisée à cette date, soit la veille du début du sommet – non pas au G7, mais à la votation qui aura lieu ce jour-là sur l’initiative «Pas de Suisse à 10 millions!», un texte visant à limiter l’immigration émanant de l’Union démocratique du centre (UDC, droite conservatrice).
L’hebdomadaire critique également les autorités françaises pour avoir décidé de reporter le sommet d’un jour en raison de l’anniversaire du président américain Donald Trump, toujours le 14 juin: «Avec les petits Suisses, on bombe le torse, mais avec le grand Trump, on se couche», écrit-il.
Une coalition d’opposants et d’opposantes a remis jeudi à Berne une pétition signée par 14’300 personnes. Elle demande au gouvernement d’arrêter le projet de construction de 40 antennes Starlink à Loèche, en Valais. Starlink est un service d’accès Internet haut débit par satellite développé par SpaceX, la société aérospatiale du milliardaire américain Elon Musk.
Selon les signataires de la pétition, adressée au ministre de la Défense Martin Pfister, le projet créerait une «dangereuse dépendance géopolitique» et constituerait une menace pour la souveraineté de la Suisse en matière de données.
L’installation des antennes, prévue dans une zone habitée et un parc naturel, poserait en outre problème en raison des émissions d’ondes électromagnétiques, bien supérieures à celles des antennes de téléphonie classiques.
La commune de Loèche a accordé le permis de construire en novembre 2025. Un recours est actuellement examiné par le gouvernement cantonal.
L’industrie culturelle suisse a perdu près de 14’000 professionnels entre 2024 et 2025, atteignant des niveaux comparables à ceux observés durant la pandémie de Covid-19.
À la fin de l’année dernière, la Suisse comptait 282’000 personnes actives dans le secteur culturel, contre 296’000 un an auparavant, indique l’Office fédéral de la statistique (OFS).
Les hommes (-5,4%) et les personnes de nationalité suisse (-5,4%) sont plus concernés que les femmes (-4,2%) et les personnes qui n’ont pas le passeport suisse (-2,9%). On observe également des disparités régionales, avec une baisse limitée en Suisse alémanique, plus marquée dans la région francophone et très prononcée dans la région italophone.
Les personnes qui travaillent dans le secteur culturel se disent en général moins satisfaites de leur situation financière que l’ensemble de la population active. En 2024, près de 27% d’entre elles se déclaraient insatisfaites, contre 20% de l’ensemble des travailleurs et travailleuses.
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