La presse salue le soutien de la Confédération à UBS

Dans son ensemble, la presse suisse salue le sauvetage d'UBS. swissinfo.ch

La presse suisse est unanime pour juger nécessaire ou inévitable le secours apporté par la Confédération à UBS. De nombreux journaux soulignent toutefois le malaise que ce sauvetage provoque chez les contribuables.

Ce contenu a été publié le 17 octobre 2008 - 09:47

On ne trouve pas dans la presse suisse de vendredi, de commentateurs qui estiment que le plan de sauvetage présenté la veille par le gouvernement est inutile. Bien au contraire: la presse est d'avis que l'intervention des autorités était tout à fait indispensable.

Pour L'Express et L'Impartial, personne ne conteste «l'absolue nécessité d'agir». Le commentateur des deux journaux neuchâtelois rappelle en effet que «UBS, outre ses 25'000 emplois en Suisse, finance près de 70'000 PME et détient 20% de l'épargne des Suisses. L'effondrement de ce colosse bancaire aurait donc des conséquences pour le moins dramatiques».

Le Quotidien jurassien remarque également qu'il n'est «pas question de se dérober à ce devoir citoyen, car s'il n'est pas stoppé, l'incendie s'étendra aux contribuables eux-mêmes». Et pour le Journal du Jura, «il faut bien reconnaître que la Confédération n'avait guère le choix (...) sinon l'économie toute entière risquait de s'effondrer».

En Suisse alémanique, la Neue Zürcher Zeitung pense également que l'Etat a pris ses responsabilités «pour stopper cette descente en spirale de toute l'économie».

Une bonne gestion

Ces derniers jours, l'inactivité apparente du gouvernement suisse posait question. Alors que les gouvernements de la plupart des autres pays avaient annoncé des mesures de sauvetage de leur secteur bancaire, «la Suisse semblait en revanche une île de tranquillité. Le gouvernement disait qu'il n'y avait rien à dire», rappelle le quotidien bernois Der Bund.

Mais au final, les commentateurs saluent l'action des autorités helvétiques. «Jusqu'à la semaine dernière, notre gouvernement est resté stoïque pour ne pas exacerber inutilement la panique, explique ainsi la Neue Luzerner Zeigung. Ensuite, de concert avec la Banque nationale, il a agi de manière rapide et ciblée après l'appel à l'aide d'UBS. Cela montre ses capacités en matière de gestion de crise».

Même son de cloche pour La Liberté. Au vu du silence des autorités, on pouvait se demander si «le bateau voguait sans capitaine. Mais capitaine il y avait. Et il a su préparer son intervention», note le quotidien fribourgeois.

Beaucoup de commentateurs remarquent que les autorités suisses ont réalisé des progrès depuis la débâcle de Swissair. C'est notamment l'avis de la Neue Zürcher Zeitung qui écrit: «En tout cas, le monde politique, en fait le gouvernement, a tiré les leçons de la crise de Swissair et a été jusqu'à présent convainquant dans cette crise bancaire grâce à une gestion de crise nettement meilleure.»

Un goût amer

Il n'en reste pas moins que ce plan de sauvetage laisse un goût amer. A cet égard, le quotidien romand Le Temps estime que «ce sauvetage choque à juste titre tous ceux qui n'ont pas le privilège de bénéficier d'une banqueroute assistée». «À priori, aucune entreprise qui a failli n'a un droit à la survie quand les fautes de ses dirigeants sont si grossières».

Pour la Tribune de Genève, «le modèle choisi par Berne est la parfaite illustration de la privatisation des profits et de la socialisation des pertes». Ainsi, la Banque nationale doit «effacer, une fois de plus, les errements les plus crasses d'un management à 24 millions de salaire annuel».

Même idée dans Le Nouvelliste. Le quotidien valaisan relève que les mesures prises ne résoudront pas «les contradictions d'un système qui veut qu'aujourd'hui, dans le monde industrialisé, les bénéfices sont privés et les pertes publiques...». La Berner Zeitung estime, elle, que ce sont maintenant «les contribuables qui doivent évacuer les décombres que laissent les acrobates de la finance si bien payés».

Vers l'arche de Noé

Le quotidien populaire alémanique Blick relève quant à lui que bien des PME aimeraient pouvoir agir comme UBS: «tout miser sur une carte et se tourner vers Berne si cela se passe mal». Or maintenant, c'est au citoyen de payer l'addition: «Nous devons encore plus nous serrer la ceinture. La perspective d'augmentations de salaire s'éloigne. Les emplois ne sont plus assurés».

Mais plus que des mots, c'est une caricature du Tages Anzeiger qui résume le mieux le malaise éprouvé face à ce plan de sauvetage. On y voit un cadre de l'UBS, mallette à la main, s'avancer seul sur un tapis rouge conduisant à l'arche de Noé, cela sous le regard d'une foule triste et anonyme qui est tenue à distance.

Rendre les bonus

Pour certains commentateurs, ce sauvetage ne doit pas être sans conséquences. Ainsi, beaucoup remettent ne question les bonus faramineux obtenus par les managers des grandes banques. C'est ainsi, par exemple, que Blick titre en première page: «Rendez tout de suite votre bonus, Monsieur Ospel [l'ancien patron d'UBS, NDLR]».

Pour 24 heures, c'est «pour que la confiance revienne enfin, l'heure est aussi à la contrainte pour les récipendiaires de ce sauvetage». «Sans sombrer dans l'excès de régulation, les exigences de contrôle (...) doivent être à la hauteur de l'engagement consenti», estime le quotidien vaudois.

swissinfo et les agences

Le plan en bref

Le gouvernement suisse a annoncé jeudi matin plusieurs mesures en faveur du secteur bancaire.

La Confédération décharge le bilan d'UBS d'actifs illiquides pour un montant maximal de 60 milliards de dollars. Ces éléments seront transférés dans une société ad hoc, entièrement contrôlée par la Banque nationale suisse (BNS).

Les autorités ont également demandé à Credit Suisse d'augmenter ses fonds propres d'environ 10 milliards de francs.

Enfin, le gouvernement a annoncé qu'il souhaitait mieux protéger les dépôts d'épargne qui ne sont pour l'heure protégés qu'à hauteur de 30'000 francs. Un message au Parlement est en cours d'élaboration en vue de la prochaine session d'hiver.

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