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Le géant Coop s'offre de nouveaux espaces

Les caddies aussi passeront aux mains de Coop.

(Keystone)

Le numéro deux du commerce de détail en Suisse reprend les douze hypermarchés Carrefour. Coop complète ainsi sa gamme de grandes surfaces et peut renoncer à certains projets de construction.

Les syndicats saluent la volonté du groupe bâlois de conserver les emplois repris chez Carrefour et demandent de les maintenir à long terme.

Estimant que son potentiel de croissance était trop limité en Suisse, le géant français préfère se retirer du marché helvétique. Coop a déboursé 470 millions de francs pour racheter les surfaces Carrefour, indique le distributeur bâlois dans un communiqué mardi.

Détenus à 50% par le groupe genevois Maus Frères, propriétaire des magasins Manor, les hypermarchés helvétiques de Carrefour permettent à Coop de combler son retard dans les surfaces de plus de 4200 m². La Commission de la concurrence (Comco) doit toutefois encore donner son feu vert.

Par cette vente, Carrefour poursuit une «réorientation stratégique» qui vise à concentrer ses efforts dans les pays offrant une meilleure rentabilité. Le groupe s'est déjà retiré du Japon, du Mexique, de la Corée du Sud, de la Tchéquie et du Portugal.

Emplois maintenus

«Avec 1,1% de parts de marché, Carrefour Suisse n'a pas la taille critique pour survivre seul, faute de pouvoir négocier des prix compétitifs auprès des fournisseurs», a expliqué Didier Maus, administrateur-délégué du groupe du même nom. Il a dit regretter mais comprendre la décision de son partenaire.

Pour Carrefour, l'adossement à un groupe suisse tel que Coop était la meilleure solution pour assurer le maintien des emplois, a par ailleurs relevé Jean-Bernard Rondeau, secrétaire général de Maus. Cet objectif a occupé une place primordiale dans le choix du repreneur.

Le syndicat Unia a pour sa part salué la volonté de Coop de maintenir les emplois repris chez Carrefour. Dans la foulée, le syndicat espère que les collaborateurs pourront disposer de la convention collective de travail (CCT) du numéro deux suisse de la grande distribution.

Conventions collectives de travail

Les conventions collectives de travail s'appliquent à un secteur économique ou à une entreprise. Elles sont négociées entre les syndicats et des ...

Complément idéal

Au niveau des surfaces de vente, ce rachat permet à Coop de renoncer à plusieurs grands projets en cours d'élaboration.

«En ce qui concerne les hypermarchés, [Coop] comble dans une large mesure les taches blanches qui persistent sur la carte de la Suisse», souligne le groupe dans son communiqué, les douze magasins Carrefour complétant «presque idéalement les hypermarchés Coop.»

Ceux-ci se situent à Bienne, Canobbio-Lugano, Conthey, Dietlikon, Heimberg,Hinwil, La Chaux-de-Fonds, Losone, Schönbühl, Vernier, Villars-sur-Glâne et Viège. Ils employaient l'an dernier 2294 personnes.

Un «vrai numéro trois»

Carrefour s'était déjà retiré une première fois de Suisse. En 1991, faute de développement suffisant, il avait cédé à Migros les deux centres commerciaux qu'il exploitait près de Lausanne et de Bienne.

Le groupe comptait bien être un «vrai numéro 3», derrière Migros et Coop, et pas seulement un «trublion». En automne 2002, il annonçait vouloir ouvrir dix nouveaux sites dans le cadre de son alliance avec Maus.

Mais le géant français n'a pas réussi à décoller en Suisse. Il s'est notamment heurté à de nombreuses oppositions à la construction de grands bâtiments. La surface d'un hypermarché Carrefour doit en général tourner autour de 5500 m².

Dans un contexte déjà dominé par les deux piliers que sont Migros et Coop, le groupe français a constaté que le marché suisse n'était pas extensible à l'infini. Surtout avec l'arrivée récente d'autres groupes internationaux comme le français Casino, et les allemands Aldi et Lidl.

swissinfo et les agences

En bref

Avec la reprise de Carrefour par Coop, le marché suisse de la distribution vit une nouvelle étape de concentration.

La concurrence dans le secteur alimentaire fait en effet rage depuis l'arrivée de grands groupes étrangers tels que les hard-discounters allemands Aldi et Lidl.

En janvier de cette année, Migros, numéro un sur le marché suisse, a frappé un grand coup face à son rival historique Coop en annonçant la reprise de 70% de Denner. Celui-ci était numéro trois dans l'alimentaire helvétique.

En 1997, Migros avait déjà repris Globus-ABM, enseigne qui avait acquis une grande partie des magasins Jelmoli en 1995.

De son côté, Coop a aussi confirmé sa stratégie d'acquisitions en annonçant ce printemps la reprise des magasins d'électronique et électroménagers Fust. Le groupe bâlois avait déjà racheté Waro en 2002 et EPA en 2004.

La Commision de la concurrence ne s'est pas encore prononcée sur les rachats de Denner par Migros et de Fust par Coop.

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