Panalpina décapité suite à des manipulations
Le patron de Panalpina démissionne après la découverte de manipulations comptables (33 millions de frs) par un cadre de ce poids lourd suisse du fret.
En Suisse, le départ d’un patron prenant la responsabilité d’une faute d’un collaborateur est très rare, estime une spécialiste.
Durant 14 mois, un cadre a manipulé les comptes de la filiale de fret aérien (Panalpina Airfreight Management à Bâle) du géant bâlois également actif dans le fret maritime.
Ce collaborateur de Panalpina a volontairement contourné les contrôles internes et a été relevé de ses fonctions. Le conseil d’administration envisage une procédure pénale.
La perte de 33 millions que subira Panalpina influencera le groupe négativement à hauteur de 22 millions de francs en 2005 et de 11 millions en 2004.
Panalpina s’attend tout de même à réaliser pour l’ensemble de l’année 2005 un bénéfice supérieur à celui de l’année précédente (153 millions de francs).
Une affaire «unique»
A ce stade de l’enquête, il n’existe pas d’indice indiquant un enrichissement personnel du collaborateur incriminé, précise le groupe.
Le cabinet PricewaterhouseCoopers, qui a étudié les comptes, indique que cette affaire reste «unique». L’employé indélicat en question était en poste depuis plus de 20 ans dans l’entreprise.
Tirant les conséquences de l’incident, le patron du groupe Bruno Sidler a offert sa démission immédiate et quitté l’entreprise. Il est remplacé provisoirement par le président du conseil d’administration Gerhard Fischer.
Bruno Sidler précise qu’il n’est en rien impliqué dans les malversations et qu’il n’a pas non plus été invité à démissionner. Il obtiendra une indéminité de départ d’un an de salaire.
«On ne peut pas réparer ce genre de faute simplement en coupant les têtes de quelques managers subordonnés, assure-t-il. C’est la personne la plus haut placée qui doit tendre le cou.»
Une décision rare en Suisse
Isabelle Reine est analyste chez Centre Info à Fribourg. Une société d’analyse et d’évaluation du comportement des entreprises.
Selon elle, «la démission de patron prenant la responsabilité d’une faute comptable d’un employé est très rare en Suisse. Je n’ai pas souvenir d’un cas ces dernières années. C’est beaucoup plus souvent le cas aux Etats-Unis par exemple.»
«Aux Etats-Unis, les professionnels sont davantage sensibilisés à ce type de problématique comptable, poursuit-elle. La transparence dans ce domaine atteint plus profondément le sein des entreprises. Et davantage aussi de publicité est faite autour des cas de départ d’un patron.»
«Sur le fond, ce retrait est une bonne décision. Peut-être a-t-il aussi quelque chose à se reprocher…»
En cas de faute d’un employé, note encore l’analyste, «le patron est indirectement responsable. Il aurait dû mettre en place les mesures de contrôle et de sensibilisation pour l’éviter.»
Panalpina a fait son entrée à la bourse suisse en septembre dernier seulement. Son titre est coté sur le marché des petites capitalisations SPI. Il a perdu plus de 4% mercredi.
swissinfo et les agences
Basé à Bâle, Panalpina est le numéro deux mondial dans la logistique du fret aérien et numéro 3 du fret maritime.
Le groupe est actif dans 80 pays et travaille à travers des partenaires locaux dans 60 autres pays.
Il dispose de 500 bureaux dans le monde.
Et emploie plus de 13’000 collaborateurs.
En 2004, son chiffre d’affaire s’est monté à 7,4 milliards de francs
Son bénéfice a atteint 153 millions de francs.
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