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UBS taille dans le vif pour libérer du capital

En Suisse, 1500 emplois vont disparaître dans la première banque du pays.

(Keystone)

La première banque suisse annonce une perte de 11,5 milliards de francs et la suppression de 5500 postes de travail d'ici la mi-2009. Décryptage.

Quatre questions à deux connaisseurs du dossier pour mieux saisir la situation actuelle de la grande banque.

UBS est-elle sur une bonne pente?

Avec 11,5 milliards au lieu des 12 anticipés par le marché, la perte est légèrement plus faible que prévue.

UBS a essuyé les erreurs du passé, juge François Savary, directeur des investissements chez Reyl & Cie SA. Elle est entrée dans la phase de gestion des conséquences de la crise du «subprime». Cette phase durera d'un à trois ans.

Dans les douze prochains mois, UBS devra éliminer les produits encore problématiques, réfléchir à son nouveau modèle stratégique, développer sa communication.

D'ici deux ou trois ans, elle se sera sans doute redéfinie. Elle aura aussi tiré les leçons de ses erreurs «flagrantes» dans la gestion des risques, estime François Savary. Passage obligé: le nouveau conseil d'administration doit définir une stratégie «tenable et durable». Une des questions qui se pose: conserver ou non la banque d'investissement.

François Savary estime qu'UBS a de bons atouts dans sa manche. Notamment une «magnifique» aura qui subsiste. La banque reste le premier gestionnaire de fortune du monde. «Après, ce sont les hommes qui vont faire cette banque.»

Secrétaire centrale de l'Association suisse des employés de banque (ASEB), Mary-France Goy confirme. Elle se dit moins inquiète qu'en début d'année pour l'avenir de la banque. L'ancien président du conseil d'administration Marcel Ospel a fait le gros du ménage avant son départ en avril, estime-t-elle.

Pourquoi 5500 suppressions de postes?

UBS a éliminé 1500 emplois l'an dernier. Dans la banque d'investissement, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne surtout, 2600 postes vont encore disparaître, selon l'annonce de mardi. Des licenciements surtout.

Ces départs découlent de la volonté stratégique de réduire la banque d'investissement. Ce type de décision se fonde sur les postes-clés à maintenir, les activités privilégiées, ou abandonnées parce que jugées non-profitables à terme.

Ces suppressions d'emplois sont aussi «une mesure de court terme, explique François Savary. Elles sont nécessaires pour réduire les coûts et libérer du capital pour limiter l'impact de la crise.»

«La réduction de coûts n'a de sens que si elle entre dans le cadre d'une stratégie clairement établie, ajoute-t-il. La réduction de coûts permet de libérer du capital – moteur de cette stratégie.»

Hors de la banque d'investissement, 2900 emplois devraient aussi disparaître. Après une phase de haute conjoncture accompagnée de nombreux engagements, les banques tendent à abandonner certains plans de développement et certaines affaires, avec suppressions de postes à la clé, explique François Savary.

En Suisse, UBS va tirer un trait sur 1500 emplois. «Choquant», estime Mary-France Goy. «Il est choquant que le personnel suisse soit mis à contribution pour écoper après les bêtises faites à l'étranger.»

L'ASEB exige que les suppressions de postes en Suisse aient lieu dans le cadre d'un vaste plan social et qu'aucun licenciement secs ne soit prononcés.

Au premier trimestre, UBS a perdu 12,8 milliards de francs (net) de fonds confiés par ses clients. Inquiétant?

C'est «ennuyeux», lance François Savary. L'image de la banque est touchée. En Suisse uniquement, UBS a vu les fonds de ses petits clients refluer de 1,9 milliards. «C'est l'affectif qui a parlé», estime l'analyste. Et réparer les dégâts prendra du temps. «Cela ne se fera pas en un trimestre!» Deux ou trois ans ne seront pas de trop.

Pour endiguer la fuite des fonds, il faut un vrai message de communication positif et intelligent autour d'UBS. Certains actionnaires ne sont pas satisfaits de la composition du nouveau conseil d'administration. C'est un autre problème. Il devra donc convaincre par des chiffres et des mesures de la justesse de ses choix. S'il y parvient, UBS sera gagnante en termes de communication aussi.

UBS se montre prête à discuter de son modèle. Elle communique mieux sur l'utilisation des fonds propres et la profitabilité de la structure de gestion de portefeuille qui finançait sa banque d'investissement dans ses prises de risques exagérées. En clair, les progrès sont notables. Mais cette communication «n'est pas encore totalement satisfaisante», selon François Savary.

L'inquiétude autour de l'avenir de la banque était justifiée ces derniers mois, admet pour sa part Mary-France Goy. «UBS est une très grande banque. En cas de faillite, ce n'est pas elle mais tout le pays qui aurait eu un gros problème.»

«Je ne suis pas surprise qu'elle annonce des suppressions d'emplois en Suisse, ajoute la Secrétaire centrale de l'ASEB. Mais je ne pensais pas qu'elle irait jusque-là. UBS est déjà touchée en termes d'image. Là encore, c'est chercher la critique!»

Le titre UBS a-t-il perdu des plumes en bourse mardi en raison de son annonce du jour?

La baisse a touché la plupart des titres financiers, après un fort rebond ces derniers temps. François Savary n'y voit donc pas une attitude de défiance vis-à-vis d'UBS.

swissinfo, Pierre-François Besson

CHIFFRES DU JOUR

Perte nette de 11,53 milliards de francs au 1er trimestre.

Perte de 18,22 milliards dans la seule banque d'investissement.

Les positions en rapport avec le marché hypothécaire à risque aux Etats-Unis ont été réduites de près de 60%.

Afflux d'argent frais de 5,6 milliards dans la gestion de fortune.

Sortie d'argent de 1,9 milliard dans l'activité «Business banking Switzerland» dédiée aux petits clients et PME suisses.

Sortie de 16,5 milliards pour le «Global asset management» (gestion des actifs des investisseurs institutionnels surtout).

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UBS

Résultat de la fusion en 1997 entre la Société de Banque Suisse (SBS) et l'Union de Banque Suisse, UBS est la plus grosse banque helvétique et la dixième mondiale.

UBS est une banque globale intégrée dont les activités vont de la gestion de fortune (numéro un mondial) à la banque d'investissement en passant par la gestion d'actifs et la banque de détail.

Elle emploie 83'800 collaborateurs - 38% en Amérique, 34% en Suisse, 17% en Europe et 11% en Asie.

Fortement ébranlée par la crise du «subprime» aux Etats-Unis à travers sa banque d'investissement, UBS a dû jusqu'ici procéder à des dépréciations d'actifs pour 37 milliards de francs.

Elle a été recapitalisée en deux temps cette année – 13 milliards de francs grâce à deux fonds souverains et 15 milliards à travers ses actionnaires.

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