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Le président et la directrice d'economiesuisse, Heinz Karrer et Monika Rühl, ont exigé, lors de la conférence de presse annuelle de l'organisation faîtière, que les intérêts économiques soient mieux pris en compte dans la politique extérieure de la Suisse.

KEYSTONE/PETER KLAUNZER

(sda-ats)

Le Conseil fédéral et le Parlement doivent ramener l'économie extérieure au centre de leurs travaux politiques, a exigé jeudi l'organisation economiesuisse. Elle appelle aussi à une opposition ferme contre les idées protectionnistes et isolationnistes.

Les intérêts économiques doivent être mieux pris en compte dans la politique extérieure, a plaidé Heinz Karrer, président d'economiesuisse, à Berne, lors de la conférence de presse annuelle de l'organisation faîtière. Il a rappelé que le pays gagne deux francs sur cinq à l'étranger. "L'objectif principal doit être de préserver et d'accroître la prospérité en Suisse", a-t-il dit.

Cela signifie que les entreprises helvétiques doivent pouvoir importer et exporter sans discrimination. Et sur les marchés étrangers, elles doivent pouvoir compter sur la sécurité juridique et une solide protection de l’innovation.

Car la politique économique extérieure de la Suisse fait face à de grands défis et incertitudes, a souligné M. Karrer. Il a cité le protectionnisme naissant dans de nombreux pays, le départ du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE), la réorientation annoncée de la politique économique des Etats-Unis et l'évolution technologique fulgurante.

Signer des accords bilatéraux

Les meilleures solutions devraient être trouvées dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce, mais les mécanismes de décision de cette institution sont de plus en plus complexes et les progrès sont bloqués en ce moment. Raison pour laquelle de plus en plus d'Etats, dont la Suisse, se tournent vers des accords multilatéraux et bilatéraux, a expliqué le président d'economiesuisse.

Dans les négociations d'accords de libre-échange, la Suisse a fixé les bonnes priorités ces dernières années, estime Heinz Karrer. Elle a en effet signé un accord de libre-échange avec sept des dix pays qui présentent le meilleur potentiel dans ce type de relations. Il manque encore les Etats-Unis, l'Inde et l'Australie.

Pour l'organisation économique, la Suisse doit donc poursuivre dans cette voie et signer aussi des accords avec le Mercosur - communauté économique qui regroupe plusieurs pays d'Amérique du Sud - ou l'Indonésie.

Sus au mesures protectionnistes

La Suisse doit aussi se défendre fermement contre des mesures protectionnistes à l'étranger. Si nécessaire, il lui faut saisir des tribunaux arbitraux internationaux, exige economiesuisse. Cela concerne avant tout les questions liées à la protection de la propriété intellectuelle.

L'organisation faîtière demande en outre que le pays défende ses intérêts économiques de manière plus stricte dans des organisations internationales. Cela suppose notamment une meilleure coordination des départements fédéraux et un ajustement de la répartition des ressources.

La Confédération devrait par ailleurs miser sur deux autres outils. D'une part, les conventions de double imposition, qui renforcent l'attrait de la place économique, et d'autre part, les accords bilatéraux de protection des investissements, qui renforcent la sécurité de la planification des entreprises suisses à l’étranger.

Meilleures conditions cadre

A l'intérieur du pays, economiesuisse veut aussi une amélioration des conditions cadre, a dit sa directrice Monika Rühl. Elle exige une réduction massive des coûts administratifs pour l'économie extérieure, la suppression des droits de douane sur les produits industriels et un développement des infrastructures de base.

Enfin, la Confédération doit réorienter sa promotion des exportations et sa politique agricole. Aucun autre pays de l’OCDE, ou presque, ne cloisonne aussi fortement son marché agricole que la Suisse, a relevé Mme Rühl.

Or, notre politique agricole entrave de plus en plus souvent des négociations en vue de la conclusion d’un accord économique, note la directrice d'economiesuisse.

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ATS