Experte: nouveaux possibles crimes contre l'humanité en Birmanie

La rapporteuse spéciale de l'ONU sur la Birmanie dénonce l'attitude des forces de sécurité ces derniers mois dans plusieurs Etats du pays (archives). KEYSTONE/EPA/NYUNT WIN sda-ats
Ce contenu a été publié le 29 avril 2020 - 09:44
(ATS)

Les crimes de guerre et crimes contre l'humanité présumés en Birmanie ne se sont pas arrêtés avec le coronavirus, selon une rapporteuse spéciale de l'ONU. Yanghee Lee a appelé mercredi à des investigations sur ces violences dans les Etats de Rakhine et de Chin.

"L'armée birmane continue d'augmenter ses assauts dans l'Etat de Rakhine, ciblant la population civile", a déploré la Sud-Coréenne. Les appels à un cessez-le-feu, lancés notamment par les rebelles, n'ont pas été entendus.

"L'armée viole systématiquement" le droit international humanitaire (DIH) et les droits de l'homme, ajoute la rapporteuse spéciale sur la Birmanie. Une attitude qui peut équivaloir à des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, dit-elle, dénonçant la poursuite de l'impunité pour ces violences.

Les membres de plusieurs communautés, dont la minorité musulmane des Rohingyas, ont été tués ces derniers mois. La rapporteuse spéciale demande des investigations conformes aux standards internationaux.

Les rebelles sont eux aussi ciblés par la Sud-Coréenne pour des enlèvements de responsables et de parlementaires locaux. Mais ils ont décrété un cessez-le-feu unilatéral face à la pandémie. Les autorités devraient s'activer surtout sur la lutte contre le coronavirus, selon la rapporteuse.

Dizaines d'arrestations

Outre des bombardements sur des zones civiles qui ont notamment tué des enfants, l'armée a empêché certains blessés d'accéder à des soins. Des personnes présumées liées aux rebelles ont été détenues et torturées pendant des jours. Des bâtiments ont aussi été brûlés, jusqu'à 700 dans un village.

Des témoins ont affirmé que des populations entières ont fui les violences. Des dizaines d'arrestations ou disparitions ont été observées.

La semaine dernière, un chauffeur de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qui oeuvrait dans la lutte contre le coronavirus a été tué dans une voiture clairement identifiable. Là aussi, la rapporteuse demande des investigations.

Depuis 2017, les violences ont fait au moins 10'000 victimes. Plus d'un million de Rohingyas ont fui vers le Bangladesh, dont plus de deux tiers après ces affrontements. Fin janvier, la Cour internationale de justice (CIJ) avait décidé de "mesures urgentes" que le gouvernement devait appliquer. La rapporteuse spéciale demande aussi aux autorités de se conformer à ce dispositif.

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