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La manifestation contre la corruption a longé la plage de Copacabana à Rio de Janeiro.

KEYSTONE/EPA EFE/MARCELO SAYAO

(sda-ats)

Plusieurs milliers de brésiliens sont descendus dans les rues dimanche pour protester contre l'impunité des politiciens corrompus. Mais la mobilisation était bien moins forte que lors des derniers rassemblements de ce type.

Plusieurs milliers de personnes étaient rassemblées à Rio et Sao Paulo et plusieurs centaines sur l'Esplanade des Ministères de Brasilia.

La plupart sont des blancs et originaires des quartiers aisés qui revêtent souvent des maillots jaunes de l'équipe nationale brésilienne de football, loin du rouge des mouvements syndicaux, mobilisés il y a deux semaines contre la réforme des retraites du gouvernement du président conservateur Michel Temer.

D'autres manifestations étaient organisées dans la plupart des grandes villes du pays, avec une mobilisation souvent plus faible que prévu, malgré le beau temps. Sur la plage de Copacabana, il y avait bien plus de gens sur le sable que dans la rue en train de manifester.

Malgré la faible affluence, Rogerio Chequer, leader du mouvement Vem Pra Rua ("Sors dans la rue"), qui a convoqué les manifestants, a affirmé à l'AFPTV que "l'important, c'est que le message soit passé, faire du chiffre n'était pas notre objectif principal".

L'année dernière, son mouvement avait pourtant rassemblé à plusieurs reprises des millions de personnes, contribuant notamment à la chute de la présidente de gauche Dilma Rousseff, destituée pour maquillage des comptes publics.

Depuis, les scandales ont continué à secouer la politique brésilienne, au rythme des révélations explosives de l'enquête sur le trucage des marchés publics de la compagnie pétrolière d'État Petrobras, par le biais d'un vaste système de pots-de-vin alimentant entre autres les caisses noires des partis.

Selon plusieurs analystes, les affaires à répétition commencent à lasser les Brésiliens, plus inquiets par la situation économique du pays, plongé dans la pire récession de son histoire, avec près de 13 millions de chômeurs.

Les manifestants sont d'autant plus exaspérés que, ces dernières semaines, certains parlementaires ont tenté de constituer des barrières institutionnelles face aux affaires, demandant notamment l'amnistie pour les cas de financement occulte des campagnes électorales.

Autre idée très critiquée dans la rue dimanche: une réforme du système électoral prévoyant un scrutin par liste pour les élections parlementaires qui permettrait, selon eux, aux partis de préserver les mandats d'élus visés par des enquêtes.

ATS