Crypto AG se tourne vers les entreprises
L'entreprise suisse, installée à Steinhausen, dans le canton de Zoug, crypte les informations de 130 gouvernements dans le monde. Le numéro un mondial du cryptage a décidé de proposer ses services aux entreprises "sensibles", comme les banques, les assurances, les cabinets d'avocats d'affaires.
Le cryptage est aussi vieux que l’écriture. Pour coder ses messages, Jules César remplaçait chaque lettre par celle située trois rangs plus loin dans l’alphabet, «consul» devenait «frqvyo».
Le cryptage moderne, nettement plus complexe, parle d’algorithmes factorisants, de clés, de bits. Il est né dans le canton de Zoug.
Fondée par le Suédois Boris Hagelin en 1952, Crypto AG est vite devenue le numéro un mondial dans ce domaine si particulier.
La société, qui emploie 220 salariés, principalement des ingénieurs, travaille pour 130 gouvernements dans le monde, qu’il s’agisse des services diplomatiques, des forces armées ou des corps de police.
Son succès? Crypto AG ne livre que des systèmes absolument inviolables. Et beaucoup de pays préfèrent travailler avec une entreprise suisse.
Les sociétés américaines actives dans le cryptage sont soupçonnées de dissimuler dans leurs logiciels des chevaux de Troie qui renseignent les services secrets des Etats-Unis.
Seulement voilà, le marché des armées ou des ambassades stagne. Crypto AG, qui travaille déjà pour quelques multinationales, a décidé de se tourner franchement vers les entreprises, en créant parallèlement à Crypto AG, une autre société. Le véritable développement du commerce en ligne ne peut se passer de moyens sûrs de protection des données.
«Bien évidemment, Crypto AG restera dans le haut de gamme. Mais nos produits peuvent intéresser des sociétés de taille moyenne. Un grand cabinet d’avocats par exemple a besoin de protéger ses dossiers sensibles», explique Armin Huber, 46 ans, patron de Crypto AG depuis 1997.
La nouvelle entité, qui sera présentée fin mars à Hanovre, à l’occasion du Cebit, le grand salon de l’informatique, visera en premier lieu les marchés suisse, allemand et italien.
«C’est incontestablement un nouveau métier. Nous allons être confrontés à des milliers d’autres sociétés qui se disputent déjà la sécurité du e-commerce», ajoute cet ingénieur, diplômé de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich.
Sachez que si vous souhaitez protéger votre ordinateur contre les attaques de «hackers» sournois, il faut débourser autour de 3000 francs. Pour un téléphone portable qui échappe à toutes les grandes oreilles, la facture grimpe à 5000 francs. Enfin, si vous êtes un adepte de la vidéoconférence et que vous craignez d’être espionné par vos concurrents, le matériel sécurisé de Crypto AG revient à 70 000 francs. Mais c’est bien connu, le secret n’a pas de prix.
Ian Hamel
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