Des loisirs qui coûtent cher aux assureurs
Les assureurs plient sous le poids des frais occasionnés par les accidents, surtout ceux enregistrés pendant les loisirs.
En 2002, la facture s’est élevée à plus de 4 milliards de francs, dont plus d’un milliard rien que pour les accidents de voitures. Une explosion confirmée par les chiffres de 2003.
Le chiffre global des accidents non-professionnels a augmenté de 442’000 en 2002 indique jeudi la Commission des statistiques de l’assurance accidents (CSSA) dans son rapport pour la période 1998-2002.
Cette tendance s’est encore confirmée l’an dernier où 477’000 accidents non-professionnels ont été enregistrés. Il s’agit d’un record depuis l’entrée en vigueur de la Loi sur l’assurance accidents (LAA), en 1984.
Des coûts qui crèvent les plafonds
Pour l’exercice 2002, les coûts des assureurs se sont élevés à 4,2 milliards de francs. Cela représente une hausse de 8,7% par rapport à l’exercice précédent et le taux d’accroissement annuel le plus élevé depuis 1992. Pour la CSSA, cette augmentation est «particulièrement inquiétante».
Les accidents non-professionnels pèsent particulièrement lourd dans la facture totale.
Les coûts se répartissent en effet à raison de 61% pour l’assurance accidents non-professionnels (AANP), 36% pour l’assurance accidents professionnels (AAP) et 3% pour l’assurance accidents de personnes au chômage (AAC).
La route coûte très cher
Parmi les accidents survenant durant les loisirs, les accidents de la circulation ont un coût particulièrement élevé. Ils sont en moyenne trois fois plus onéreux que les autres accidents survenant pendant les loisirs.
Et cela se traduit dans les chiffres. En 2002, les accidents de la circulation ont en effet pour la première fois dépassé un milliard de francs, ce qui équivaut à 41% du total des prestations de l’AANP.
Le sport coûte également très cher aux assureurs. Les accidents sportifs ont représenté le quart des dépenses de l’AANP.
Ensemble, les accidents dus au sport et à la circulation routière représentent donc les deux tiers des coûts imputables aux accidents survenus hors du cadre professionnel.
Moins d’accidents professionnels
Au total, 753’000 nouveaux cas d’accidents et de maladies professionnelles ont été enregistrés durant la période 1998-2002. Cela se situe nettement en dessous des chiffres de la période précédente.
Cette situation est due à la baisse du nombre des accidents professionnels qui, avec 257’000 cas en 2003, ont atteint leur niveau le plus bas.
«Le recul des accidents professionnels est principalement imputable aux mesures en matière de prévention ainsi qu’à la diminution du risque d’accidents professionnels due aux modifications structurelles de l’économie», lit-on dans le rapport.
En effet, entre 1990 et 2002, le nombre des travailleurs dans le secteur de la production a diminué de 20%, alors que durant cette même période, on a assisté à une augmentation de 15% dans le secteur des services. Or il y a nettement moins de risques d’accidents dans les services que dans la production.
La structure du personnel explique également cette tendance. Le marché du travail a vu une diminution du nombre de jeunes gens et une augmentation du nombre de femmes. «Or il s’avère que les jeunes sont davantage victimes d’accidents que les personnes plus âgées et les femmes moins que les hommes», constate le rapport.
swissinfo et les agences
Nombre d’accidents en 2003:
– 477’000 non-professionnels (442’000 en 2002)
– 257’000 professionnels
Facture de 4,2 milliards de francs en 2002:
– 61% accidents non-profesionnels (dont 41% concernant des accidents de la route)
– 36% accidents professionnels
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