
L’inéluctable chute de l’euro
La Banque centrale européenne a relevé jeudi ses taux directeurs d'un quart de point, et porté son taux principal sur ses opérations de refinancement à 3,75 pour cent. Mais l'euro a aussitôt replongé. Et atteint, une fois encore, un plancher historique.
La Banque centrale européenne a relevé jeudi ses taux directeurs d’un quart de point, et porté son taux principal sur ses opérations de refinancement à 3,75 pour cent. Mais l’euro a aussitôt replongé. Et atteint, une fois encore, un plancher historique.
Si elle visait à faire remonter le cours de l’euro face au dollar, la hausse des taux décidée par la banque centrale européenne est déjà un échec. L’euro est même retombé à son plus bas niveau historique dés l’annonce de la décision de la BCE.
Pour nombre d’observateurs la faiblesse de la monnaie européenne est, d’ailleurs, pour l’instant, un avantage plus qu’un inconvénient. Elle est l’une des causes essentielles du dynamisme recouvré de la croissance européenne.
«Un doux poison», selon le patron des patrons allemands. Les entreprises exportatrices en profitent à plein. Leurs carnets de commande se remplissent, l’ensemble de l’économie s’en ressent. Les chiffres annoncés ces derniers jours en Allemagne sont tous encourageants. Le taux de croissance pour 2001 varie de 3 à 4 pour cent, selon les experts en conjoncture. La réduction du nombre de chômeurs devrait être de 500 000, selon les services officiels. L’inflation reste très sage avec 1,5 pour cent.
L’institut économique Ifo de Munich rappelle, quant à lui, que le mark a connu lui même des faiblesses aussi prononcées que celles de l’euro. L’ancien chancelier social-démocrate Helmut Schmidt a toujours souligné que le mark surévalué était l’une des causes profondes de la croissance molle qu’a connue son pays durant des années.
A l’inverse, l’ancien ministre de l’Economie d’Helmut Kohl assurait, ce jeudi, que la dominance des gouvernements socio-démocrates en Europe restait la cause principale de la défiance des marchés à l’égard de la monnaie unique européenne.
Michel Verrier

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