Le Nouveau Marché suisse en chute libre
Lancé en 1999 pour attirer les entreprises prometteuses dans la biotechnologie et les technologies de l'information, le Nouveau Marché suisse ne cesse de plonger. Il n'a attiré que seize sociétés et son avenir est compromis.
En décembre de l’année dernière, Robert Wyss, responsable du Nouveau Marché (SWX New Market), à Zurich, ne cachait pas son optimisme. «Nous avons 17 sociétés cotées. En 2001, nous projetons d’en avoir au moins 40», affirmait-il dans la presse.
Aujourd’hui, le Nouveau Marché ne compte plus que 16 firmes et l’entreprise israélienne Card Guard, active dans les technologies médicales, va rejoindre le segment principal de la Bourse suisse (SWX).
Qualité pas en cause
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Après la faillite de Miracle, la dégringolade de 4M Technologies, à deux exceptions près, les sociétés cotées au Nouveau Marché ont laissé des plumes depuis le début de l’année: – 94% pour Think Tools, – 88,7% pour E-Centives, – 71,9% pour Actelion.
La qualité des entreprises n’est pas forcément en cause, les investisseurs n’ont plus confiance dans la nouvelle économie.
Le Nouveau Marché suisse a été créé en 1999, avec un temps de retard sur l’Allemagne et la France, pour attirer les jeunes pousses en très forte croissance. L’objectif est particulièrement ambitieux: il s’agit de dynamiser la place boursière helvétique. Le Neuer Markt de Francfort ne compte-t-il pas 300 sociétés, et le Nouveau Marché de Paris, 152 entreprises?
Au fond du gouffre
D’entrée de jeu, la Bourse suisse joue sa spécificité, la pharmacie, avec un certain succès. Zurich voit arriver des entreprises étrangères, comme Jomed, venue des Pays-Bas, ou Oridion et Card Guard, d’origine israélienne. Tandis que le grand public plébiscite une nouvelle valeur phare, Actelion. Tout va alors pour le mieux, au bout d’un an le Nouveau Marché suisse affiche une progression de 63%.
A présent, l’indice est au fond du gouffre. Les sociétés annoncent des pertes et les investisseurs tournent carrément le dos à la nouvelle économie. Dans ces conditions, quel kamikaze envisage-t-il d’entrer au Nouveau Marché suisse? Vraisemblablement personne. SIS, spécialisée dans les instruments d’optique, vient de reporter son entrée en Bourse.
Il y aurait plutôt des candidats au départ, afin d’échapper à la noyade. A bientôt 15 membres, le SWX New Market a-t-il encore raisonnablement un avenir? La question risque de se poser avant la fin de l’année.
Ian Hamel
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.