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L'interrogatoire express de l'encaveur valaisan devant le tribunal

Dominique Giroud a refusé, lundi, de répondre aux questions des avocats du Temps et de la RTS. KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI sda-ats
Ce contenu a été publié le 19 avril 2021 - 19:43
(Keystone-ATS)

Le procès de Dominique Giroud, 50 ans, s'est ouvert lundi devant le Tribunal de police de Genève. L'encaveur est accusé d'avoir voulu pirater, avec l'aide de trois autres personnes, les ordinateurs de deux journalistes qui enquêtaient sur ses problèmes avec le fisc.

L'interrogatoire du prévenu a été bouclé en moins d'une demi-heure. "Mettez votre paquet de notes de côté et répondez spontanément à mes questions", a commencé par dire à Dominique Giroud la présidente du tribunal Sabina Mascotto. La suite de l'audition s'est avérée plutôt confuse, l'accusé peinant à s'exprimer clairement.

L'encaveur a dit contester en grande partie les faits. Il a admis avoir participé à des réunions avec les trois autres coaccusés de cette affaire et avoir peut-être évoqué avec eux la possibilité de pirater l'ordinateur de deux journalistes au Temps et à la RTS pour déterminer qui leur livrait des informations sur lui.

"Je n'ai cependant jamais donné mon accord à cette opération", a affirmé M.Giroud devant le tribunal. Les 10'000 francs qui ont été versés à l'informaticien accusé d'avoir trempé dans la tentative de piratage n'ont pas servi à ce but, selon lui. "J'ai payé deux ordinateurs, des programmes et une formation" avec cette somme.

Audition express

Le premier procureur Stéphane Grodecki n'a pas posé de question à l'encaveur. Ce dernier a ensuite refusé de répondre à celles qu'auraient pu avoir les avocats du Temps et de la RTS. Au final, l'audition du principal protagoniste de l'affaire a duré à peine une demi-heure, à la grande surprise de tous dans le prétoire.

L'interrogatoire d'un ex-agent du Service de renseignements de la Confédération (SRC) a été nettement plus long. L'accusation reproche à cet ami d'enfance de Dominique Giroud d'avoir joué les intermédiaires dans cette affaire, mettant en relation l'encaveur avec les autres prévenus, soit un pirate informatique et un détective privé.

"Je l'ai fait par amitié, car je ne trouvais pas juste les attaques dont faisait l'objet Dominique Giroud dans les médias", a-t-il expliqué. Le sujet principal des réunions auxquelles participaient les coaccusés était la sécurisation du système informatique de l'encaveur. Le piratage était évoqué de façon "légère".

"Aujourd'hui, avec le recul, j'aurais été plus avisé à l'époque de prendre mes distances avec ça", a admis l'ancien agent de renseignements, qui a quitté le métier pour se lancer dans le développement durable. Dominique Giroud ne voulait pas aller de l'avant avec cette histoire de piratage, s'est-il dit persuadé.

Le procès se poursuit tout au long de la semaine. Mardi, le détective privé et l'informaticien doivent être interrogés par le tribunal de police. Dominique Giroud est jugé pour instigation à tentatives de soustraction de données. Les autres accusés le sont pour tentatives de soustraction de données.

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