La campagne pour la révision de l'AI est lancée

Le ministre Pascal Couchepin et son équipe lundi à Berne face aux médias. Keystone

Le ministre des Affaires sociales Pascal Couchepin prône le oui à la 5e révision de l'assurance-invalidité (AI), soumise au vote le 17 juin. La réforme met l'accent sur la réinsertion professionnelle.

Ce contenu a été publié le 19 mars 2007 - 14:02

Elle prépare l'assainissement de cette assurance sociale, qui affiche une dette de plus de 9 milliards de francs. Le référendum contre la révision est soutenu par la gauche.

Lundi à Berne en lançant la campagne du gouvernement, Pascal Couchepin s'est dit confiant que les citoyens se rallieront à la 5e révision de l'AI, après le rejet sans appel de la caisse unique d'assurance maladie il y a une semaine.

Cette réforme qui privilégie «la réinsertion professionnelle plutôt que la rente» sert les intérêts tant des assurés que du système social dans son ensemble, selon lui.

La 5e révision de l'assurance-invalidité vise à favoriser la détection précoce et le maintien ou la réinsertion dans le monde du travail des personnes atteintes dans leur santé.

Les chances de réadaptation tombant à 20% après un an, il convient d'intervenir plus rapidement, a indiqué M. Couchepin.

Garder le cap

La baisse des nouvelles rentes enregistrée ces dernières années (- 30% depuis 2003) le conforte dans l'orientation choisie. Mais il ne faut pas baisser la garde au vu notamment de l'augmentation du nombre des cas psychiques et des jeunes rentiers.

Les aides au placement, introduites en 2004 par la 4e révision de l'AI, ont permis de donner un «vrai emploi» à 5000 personnes par an. «Pour faire mieux, on a besoin de la 5e révision», a renchéri le directeur de l'Office fédéral des assurances sociales (OFAS) Alain Rossier.

Et le responsable du secteur AI, Alard du Bois-Reymond, de rejeter les craintes des référendaires: il n'y a pas de transfert à l'assistance sociale des personnes qui se sont vues refuser une rente.

Assainissement

L'objectif de la réforme est aussi financier. Un investissement de quelque 500 millions de francs sera certes nécessaire au départ pour renforcer la réintégration, mais il permettra à terme d'alléger les dépenses de cette assurance, a pronostiqué le ministre des Affaires sociales.

Celui-ci n'a pas non plus manqué d'insister sur la menace qui pèse sur l'AVS, liée à l'AI dans le même fonds. Si on n'agit pas pour freiner le déficit structurel de l'AI (1,5 milliard de francs) et son endettement (9,3 milliards), «l'AVS risque de devenir insolvable entre 2015 et 2020».

Recettes supplémentaires

Pas question dans ces conditions de renoncer à de nouvelles recettes. Pascal Couchepin n'est pas opposé à la hausse de la TVA sur laquelle la Chambre du Peuple devait se prononcer lundi après-midi. Le principal, selon lui, est de ne pas faire croire au peuple qu'on peut s'en sortir sans mettre la main au porte-monnaie.

Se posant en défenseur des institutions et de l'Etat de droit, le conseiller en a profité pour appeler la droite dure de l'Union démocratique du centre (UDC), sans la citer explicitement, à présenter des propositions sans «diaboliser» qui que ce soit. Simplement économiser ou réexaminer les 257'000 rentes en cours comme suggéré par ce parti serait irresponsable et dangereux, d'après lui.

La gauche en a aussi pris pour son grade. Le radical valaisan a critiqué en particulier l'idée de quotas pour obliger les entreprises à employer des handicapés. Et de conclure que les alternatives à la 5e révision de l'AI sont «catastrophiques».

Gaspillage

Les arguments avancés par M. Couchepin ne convainquent toujours pas les milieux à l'origine du référendum. Ceux-ci ne croient pas au système de détection et d'intégration proposé. Des millions seront jetés par les fenêtres pour construire un appareil d'emblée inefficace, a prédit Cap Contact lundi dans un communiqué.

L'association dénonce avant tout la marge de manoeuvre laissée aux patrons. Elle s'inquiète par ailleurs du manque d'éléments concrets concernant le sort des personnes qui n'ont pas reçu de rente AI ou l'ampleur des abus.

swissinfo et les agences

Faits

Dette de l'AI à fin 2006: 9,3 milliards de francs.
Intérêts: 221 millions.
Nouvelles rentes en 2006: 19'600 (un record de 28'200 a été enregistré en 2003).
Rentes en 2006: 257'200.

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Révision de l'AI

La 5e révision de l'Assurance invalidité sera soumise au peuple le 17 juin prochain. Cette révision n'a pas plu à la gauche, qui a saisi le référendum.

Sous le slogan du «travail avant les rentes», cette révision prévoit de rendre plus difficile l'accès aux rentes AI. L'intégration est privilégiée.

La notion d'invalidité sera restreinte et certaines prestations réduites. Au total, cette révision prévoit jusqu'à 600 millions de francs d'économie par année d'ici 2025.

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