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La fiancée de Khashoggi appelle à agir pour la liberté de la presse

L'Arabie Saoudite, qui figure à la 172e place sur 180 pays dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF), ont rappelé la fiancée de Jamal Khashoggi et RSF. KEYSTONE/FR61802 AP/CRAIG RUTTLE sda-ats

(Keystone-ATS) Le G20, que l’Arabie saoudite va bientôt présider, doit obtenir des engagements de ce pays pour la liberté de la presse, selon un appel de RSF et de la fiancée du journaliste saoudien assassiné Jamal Khashoggi. Il doit aussi lutter contre les meurtres de reporters.

A l’occasion de la journée internationale de la fin de l’impunité des crimes commis contre les journalistes, le 2 novembre, le secrétaire général de Reporters sans Frontières, Christophe Deloire, et Hatice Cengiz, fiancée du journaliste saoudien, tué dans le consulat du Royaume à Istanbul par un commando de son pays en 2018, ont lancé cet appel dans une tribune publiée dans une douzaine de langues.

Ils jugent qu'”une large mobilisation est nécessaire, à l’échelle internationale, dès lors que plus de 90% des crimes commis contre les reporters, dans des pays en guerre comme en paix, demeurent impunis”. Et ils soulignent la responsabilité du G20 à cet égard.

Le groupe de pays va en effet être bientôt présidé par l’Arabie Saoudite, qui figure à la 172e place sur 180 pays dans son classement mondial de la liberté de la presse, et inclut aussi d’autres États comme la Chine (177e), la Turquie (157e) ou la Russie qui violent régulièrement voire systématiquement le droit d’informer.

Corps toujours pas retrouvé

Ils rappellent aux dirigeants du G20 qu’un an et un mois après les faits, le corps de Jamal Khashoggi n’a toujours pas été retrouvé, et que 32 journalistes, professionnels ou non, sont toujours dans les prisons saoudiennes.

Et s’indignent que de nombreux autres assassinats de journalistes restent non élucidés ou impunis, évoquant ceux de Daphne Caruana Galizia à Malte, Gauri Lankesh en Inde, Javier Valdez et Miroslava Breach au Mexique, Jean Bigirimana au Burundi, Pavel Cheremet en Ukraine.

“Les dirigeants du G20 ont le devoir d’agir” et ils “ne peuvent pas se contenter d’être les spectateurs passifs de l’assassinat des journalistes”, écrivent-ils.

Et pour que cette présidence saoudienne du G20 en 2020 ne soit pas l’équivalent d'”un permis de tuer” les journalistes, ils demandent solennellement aux dirigeants de l’organisation “d’obtenir de l’Arabie saoudite des engagements clairs en faveur de la liberté de la presse, à commencer par la libération des journalistes emprisonnés”.

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