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La première "boîte à bébé" a été ouverte il y a 20 ans à Einsiedeln

La première "boîte à bébé" en Suisse a ouvert il y a 20 ans à Einsiedeln SZ (archives). KEYSTONE/SIGI TISCHLER sda-ats
Ce contenu a été publié le 09 mai 2021 - 10:00
(Keystone-ATS)

L'hôpital régional d'Einsiedeln (SZ) a ouvert la première "boîte à bébé" de Suisse il y a 20 ans, le jour de la Fête des mères en 2001. Il existe aujourd'hui sept autres installations de ce genre, dont une à Sion, la seule en Suisse romande.

Au petit matin du 4 janvier 2020, un nouveau-né était découvert sur un chantier non chauffé de Därstetten, dans l'Oberland bernois, abandonné par sa mère la nuit précédente. Cette femme avait laissé dans une boîte en carton sa petite fille enveloppée dans une simple couverture en laine.

Un agriculteur l'avait trouvée en état d'hypothermie sévère et avait alerté les secours, qui l'avaient ensuite emmenée par hélicoptère à l'hôpital cantonal de Berne. Peu de temps après, la police avait pu arrêter la mère et le père et les avait placés en détention, exposés à une amende et une peine de prison pour non-assistance à une personne incapable de se protéger elle-même.

"Si la mère avait déposé son enfant dans la fenêtre à bébé la plus proche à Berne, elle n'aurait pas eu à craindre une amende ou des conséquences pénales", a déclaré à Keystone-ATS Dominik Müggler, responsable du projet "Baby window" de l'Aide suisse pour la mère et l'enfant (ASME). C'est lui qui est à l'origine de la première "boîte à bébé".

Aujourd'hui jugée indispensable

Considérée par certains experts comme problématique sur le plan juridique et éthique il y a 20 ans, la "boîte à bébé" est devenue aujourd'hui une institution jugée indispensable. Depuis 2001, 26 nouveaux-nés y ont été déposés.

Entre 1997 et 2001, alors qu'il n'y avait pas de "fenêtre à bébé", 13 nouveaux-nés abandonnés ou tués ont été recensés en Suisse. Il y en a eu 17 au cours des vingt dernières années, a indiqué M. Müggler.

Le principe de la "fenêtre à bébé" est simple: les mères en détresse peuvent déposer leur bébé dans un compartiment accessible depuis l'extérieur d'un bâtiment hospitalier avant de le refermer et de s'en aller. Une alarme signalant la présence du nouveau-né se déclenche trois minutes plus tard.

Prise en charge par l'APEA

Le bébé est alors pris en charge par l'hôpital et par l'Autorité de protection de l'enfant et de l'adulte (APEA) en attendant son adoption. La mère peut s'adresser à l'APEA ou à l'ASME pour prendre contact avec son enfant. Elle peut le récupérer avant une éventuelle adoption qui intervient officiellement au plus tôt un an après l'abandon du bébé. La première alarme dans une "boîte à bébé" a retenti le 5 septembre 2002 à 14h30 à Einsiedeln.

Dominik Müggler a eu l'idée d'installer des "fenêtres à bébé" après avoir entendu parler de la "trappe à bébé" de Hambourg (Allemagne) qui a ouvert en 2000. Il a contacté un ami médecin à Einsiedeln qui a organisé une rencontre avec les responsables de l'hôpital.

Avant même la réunion, l'hôpital a apporté son soutien à l'idée à la condition que ce service ne s'appelle pas "trappe à bébé", mais "fenêtre à bébé". La découverte en 1999 d'un bébé abandonné mort au bord du lac de Sihl, près d'Einsiedeln, avait provoqué un choc dans la région. La "boîte à bébé" semblait la bonne solution pour éviter qu'une telle tragédie ne se reproduise.

Huit "fenêtres à bébé"

Il existe actuellement huit "fenêtres à bébé" en Suisse. Elles sont installées à Einsiedeln, Olten (SO), Berne, Bâle, Davos (GR), Bellinzone, Zollikerberg (ZH) et Sion. Les coûts de mise en place sont pris en charge par l'ASME, soit en moyenne environ 70'000 francs.

Depuis 2001, 26 nouveaux-nés ont été déposés dans les "boîtes à bébé". Treize mères se sont manifestées et ont révélé leur identité et six d'entre elles ont voulu récupérer leur progéniture après avoir surmonté une période de crise. Dans les six cas, l'enfant leur a été rendu.

Dominik Müggler est convaincu que la Suisse a besoin de plus de "fenêtres à bébé". Il serait bon d'en installer dans l'Oberland bernois et à St-Gall notamment, estime-t-il.

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