La Suisse, tête de pont du Soudan en Europe

Le président du Soudan entre les conseillers fédéraux Joseph Deiss et Kaspar Villiger. Keystone

Pour sa première visite officielle en Europe, le président du Soudan Omar Hassan Ahmed Al-Bashir a choisi la Suisse.

Ce contenu a été publié le 25 octobre 2002 - 18:01

Pour la remercier de sa médiation dans le conflit qui a déchiré les Monts Nouba. Mais aussi pour attirer des investisseurs.

Josef Bucher, ambassadeur en mission spéciale chargé de la résolution des conflits, n'aime pas se mettre en avant.

Il a pourtant joué un rôle majeur dans le rétablissement de la paix dans les Monts Nouba. Une région du Soudan grande comme deux fois la Suisse et peuplée d'un million et demi d'habitants.

La guerre civile qui oppose depuis 1983 le Nord du Soudan (où prédomine la religion musulmane) au Sud (peuplé de populations chrétiennes ou animistes) n'en finit pas.

En revanche, le cessez-le-feu partiel, limité aux Monts Nouba, et signé en janvier 2002 dans le demi-canton de Nidwald, est toujours respecté.

Un accord de protection des investissements

Cette semaine, à Interlaken, Joseph Deiss en a profité pour rappeler que tout pas en avant de la Suisse était lié à la mise en place du processus de paix dans la région.

Et, comme pour marquer leurs engagements réciproques, le ministre suisse des affaires étrangères et le président soudanais ont signé un accord de protection des investissements.

Ces dernières années, le Soudan est devenu un partenaire encore modeste mais significatif de la Suisse. Puisqu'il occupe le huitième rang en Afrique avec 28 millions de francs d'exportations.

Devenu producteur de pétrole - il exporte 180.000 barils de brut par jour - le Soudan s'intéresse de près à l'industrie chimique, aux plantes médicinales, aux usines pharmaceutiques et aux machines helvétiques.

L'UBS et Novartis sont à l'écoute du Soudan

Et les perspectives d'avenir sont prometteuses. Pour preuve, le 'Forum économique Soudan' organisé vendredi à Genève par la Chambre de commerce arabo-suisse.

En effet, de très nombreux hommes d'affaires suisses se sont pressés à l'hôtel Intercontinental pour participer à cette rencontre à laquelle participaient également le président de la République, le gouverneur de la Banque du Soudan, ainsi que les ministres des affaires étrangères, des finances et de l'économie, de l'industrie et des investissements.

Pas de doute, le plus vaste pays d'Afrique intéresse des établissements financiers, comme l'UBS, BNP Paribas Suisse, la Banque de commerce et de placements ou encore Lloyds TSB.

Mais il intéresse aussi les sociétés de «trading» suisses, Ameropa, à Lausanne, Comexindo Trade, à Genève, Walter Meier Trading, à Hemberg.

En tout, presque une cinquantaine d'entreprises, dont des multinationales comme Novartis et la Société générale de surveillance, ont participé à ce tout premier Forum consacré au Soudan.

Même la mission américaine a envoyé un diplomate à l'hôtel Intercontinental. Les Etats-Unis qui, en août 1998, avaient bombardé une fabrique de médicaments des environs de Khartoum, soupçonnée d'être une usine d'armes chimiques travaillant pour Oussama Ben Laden.

swissinfo/Ian Hamel

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