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Selon certains experts, le franc devrait s'apprécier ces prochains mois avec la reprise de l'économie suisse, le caractère limité de sa surévaluation et un excédent courant solide alors que la BNS n'apprécie guère les fortes augmentations de ses réserves de change (photo prétexte).

KEYSTONE/AP/MARTIN MEISSNER

(sda-ats)

La crise syrienne et les tensions avec la Corée du Nord nord et l'indécision caractérisant la campagne présidentielle française à moins de deux semaines du premier tour profitent aux valeurs-refuges. L'or, le franc ainsi que le yen sont ainsi orientés à la hausse.

Des trois actifs traditionnellement considérés comme des valeurs-refuges, le métal jaune est celui qui affiche les meilleures performances depuis le début de l'année. Sa progression de l'ordre de 10% sur la période ne lui a toutefois pas permis de compenser la tendance baissière dont il fait l'objet 2011, même s'il en a testé à nouveau la borne haute.

La quasi-stabilité du taux de change du franc suisse pondéré par les échanges extérieurs depuis le début de l'année résulte de la politique d'endiguement de son appréciation menée par la Banque nationale suisse (BNS). Intervenant sur les marchés des changes, l'institut d'émission présente de réserves de devises en hausse.

La BNS a toléré la chute du taux de change du l'euro contre le franc suisse jusqu'à 1,0650 franc, un niveau brièvement testé au lendemain du vote britannique en faveur d'une sortie du Royaume-Uni de la l'Union européenne. Depuis, la monnaie helvétique s'est quelque peu dépréciée pour revenir à des niveaux plus proches de 1,07 contre l'euro.

Une appréciation qui résulte probablement de la multiplication des interventions de la banque centrale sur les marchés des changes, comme en témoigne dans ses comptes le gonflement des dépôts à vue des banques commerciales.

Election présidentielle française

Récemment, le regain d'incertitude sur l'issue du premier tour de la présidentielle française a de nouveau poussé le franc suisse à la hausse. Désormais, outre-Jura les intentions de vote pour les quatre principaux protagonistes se rapprochent.

Pour l'heure, le potentiel d'appréciation de la devise helvétique semble coiffé par les interventions de la BNS. Sa marge de baisse, une fois dissipé le risque politique français, est illustrée par l'écart croissant depuis l'automne entre le taux de change euro-franc et la performance relative des actions de la zone euro par rapport aux actions suisses.

Sur la durée, le franc suisse a toutefois plus de chance de s'apprécier que de se déprécier, préviennent Jaco Rouw et Thomas Ippoliti, gérants taux chez NN Investment Partners. La devise helvétique a certes renchéri de près de 20% contre l'euro par rapport à ses niveaux d'avant la crise des dettes souveraines au sein de la zone euro.

Mais, l'appréciation de son taux de change en termes réels pondéré des échanges extérieurs est beaucoup moins marquée, relèvent-ils en faisant référence à une récente étude de la BNS elle-même sur le sujet. Ils notent aussi que les données sur l'économie suisse traduisent un net redémarrage et ne signalent donc pas une surévaluation significative du franc.

Excédent des paiements courants

Ils soulignent enfin l'ampleur de l'excédent des paiements courant de la Suisse, qui représente environ 10% du produit intérieur brut (PIB). Ils rappellent que sur la période 2000-2009, la montée des excédents courants n'est pas allée de pair avec une hausse des réserves de change de la BNS, ce qui signifie que les excédents courants étaient intégralement recyclés par des sorties de capitaux privés.

"Depuis 2010, cependant, c'est l'exact opposé qui se produit: il n'y a plus de sorties nettes de capitaux privés et le surplus des comptes courants est intégralement recyclé par des sorties de capitaux officielles", soit des interventions de la banque centrale, comme l'illustre l'évolution parallèle ces dernières années des réserves de change et des excédents courants cumulés.

Les réserves de change, qui ne représentaient que 20% du PIB en 2009 dépassent désormais les 100%. La possibilité d'une forte hausse des réserves de change avait motivé l'abandon par la BNS, en janvier 2015, du taux plancher de 1,20 franc pour un euro instauré un peu plus de quatre ans plus tôt afin d'enrayer l'appréciation de la monnaie.

"La BNS a clairement dit qu'elle n'est pas prête à tolérer une appréciation de sa devise, qu'elle pense liée à des facteurs extérieurs. Elle devrait donc rester vigilante jusqu'à l'élection présidentielle en France", estiment les experts de NN Investment Partners.

"Mais sur les trois à 12 prochains mois, le franc suisse devrait s'apprécier avec la reprise de l'économie suisse, le caractère limité de sa surévaluation et un excédent courant solide alors que la BNS n'apprécie guère les fortes augmentations de ses réserves de change."

ATS