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Le nouveau patron de SAirGroup passe la rampe dans la presse

(swissinfo.ch)

Au lendemain de la conférence de presse de SAirGroup, les journaux saluent l'entrée en scène du nouveau patron, Mario Corti, mais soulignent aussi que de nombreuses questions restent posées. Dans la presse belge et française, c'est l'inquiétude qui domine.

Nouveau patron de la «nouvelle» compagnie aérienne helvétique Swissair, «malgré le danger de l'exercice, Mario Corti a passé la rampe sans looping», écrit le quotidien Le Matin. Pour le Tages-Anzeiger, «Swissair a de nouveau un chef. Ce n'est pas ce qu'il a dit, mais la manière dont il l'a fait qui donne du courage».

Un aspect que la Frankfurter Allgemeine Zeitung relève également: «Mario Corti a fait ce qu'il fallait: c'est de manière posée et objective qu'il a présenté la facture». Une personnalité qui toutefois déplait au Blick, qui reproche au nouveau patron de se faire appeler «Dr. Corti». «Monsieur Corti ne suffit donc pas?», demande le quotidien.

Toujours au sujet de Mario Corti, le journal Le Temps estime que «le bénéfice du doute est toujours accordé à un homme téméraire», et le quotidien vaudois 24 heures, que «l'homme paraît avoir le meilleur profil pour assumer cette tâche». Dans le même registre, Le Quotidien Jurassien décrit un patron qui a «courageusement esquissé quelques lignes pour l'avenir».

Toutefois, «il manque encore une vision, une stratégie pour relancer la machine», considère Le Temps. Pour La Liberté de Fribourg, il faudra à M. Corti «bien plus qu'une conviction bien ancrée dans le libéralisme pour arriver à ses fins. Le pôle français sera un héritage très lourd à gérer».

«Le groupe navigue encore dans le brouillard» considère la Basler Zeitung, pour qui «l'avenir du groupe Swissair, tant à court qu'à long terme, reste flou». Utilisant le même type de métaphore, la Neue Zürcher Zeitung relève que «Swissair traverse certes un front orageux, mais la perte d'altitude, après les changements intervenus dans le cockpit, semble déjà un peu moins dangereuse».

Mais Mario Corti a également annoncé une série de mesures. «SAir s'apprête à abandonner ses investissements déficitaires en France et sa participation dans Sabena», écrit le Financial Times. Voilà de quoi, bien sûr, soulever beaucoup d'inquiétudes dans la presse française qui consacre mardi une large place à l'affaire.

La Tribune consacre sa «une» à SAirGroup en affirmant que le groupe suisse «largue ses filiales françaises en plein vol». Dans son éditorial, le journal affirme que «le plus dur reste à venir sous la forme de suppressions d'emplois massives».

Le quotidien économique attribue en outre les difficultés de SAirGroup à la «frilosité de la population suisse vis-à-vis de l'Europe», en revenant sur l'origine de la stratégie suivie ces dernières années: «En tant que compagnie helvétique, Swissair ne bénéficie pas des mêmes avantages que ses concurrentes issues d'un pays de l'UE».

Pour Libération, SAirGroup «délaisse Air Littoral, AOM et Air Liberté» après un «annus horribilis». Selon ce quotidien, le sort des compagnies françaises s'est joué «de toute évidence» la semaine dernière lors de l'entretien entre Mario Corti et le ministre français des Transports, Jean-Claude Gayssot.

Pour sa part, Le Figaro affirme que «SAirgroup paie cher sa politique de diversification». Il affirme également que l'avenir du pôle français «apparaît bien compromis». De son côté, le journal communiste L'Humanité affirme craindre «un prochain trou d'air pour l'emploi».

En Belgique, le «naufrage de Swissair» qui «menace aussi Sabena» fait la Une de la presse mardi. Les journaux belges relèvent que la compagnie du plat pays est désormais au «purgatoire» et ils s'interrogent sur le nouveau plan stratégique annoncé.

Le Soir estime que le ton de Mario Corti a changé. Après avoir dit que Sabena était «un boulet financier», le patron du SAirGroup a dit «vouloir être constructif», un «credo qui a des allures de sursis», mais aussi de «nouveaux efforts» à consentir.

Le quotidien de l'économie et de la finance, L'Echo, considère que le délai accordé à Sabena «est une bonne chose». «Si Corti estimait vraiment qu'il s'agissait d'un poids mort, il ne se serait pas embarrassé de fioritures» et aurait «sacrifié» la compagnie belge.

Mais Le Matin voit dans ce report de la décision sur Sabena un calcul financier. «Selon les premières estimations, un désengagement de SAirGroup de Sabena coûterait bien plus cher que prévu initialement par Zurich. De quoi inviter à la prudence».

Pierre Gobet, Zurich

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