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Le président philippin concrétise son revirement pro-chinois

La visite à Pékin du président philippin Rodrigo Duterte consacre le net réchauffement des relations avec la Chine, rendues glaciales ces dernières années par un épineux différend autour de la souveraineté d'îles en mer de Chine méridionale. KEYSTONE/EPA POOL/WU HONG / POOL sda-ats
Ce contenu a été publié le 20 octobre 2016 - 13:41
(Keystone-ATS)

Le président philippin Rodrigo a officiellement annoncé jeudi à Pékin sa "séparation d'avec les Etats-Unis". Il a ainsi consacré son spectaculaire revirement diplomatique vers la Chine au détriment du traditionnel allié américain.

Accompagné par une délégation d'affaires de 400 membres, M. Duterte est à Pékin pour une visite d'Etat de quatre jours. Après un sommet avec son homologue chinois Xi Jinping, il a profité d'un forum économique pour annoncer la rupture avec Washington, déclenchant les applaudissements du public.

Cette visite consacre le net réchauffement des relations avec la Chine, rendues glaciales ces dernières années par un épineux différend autour de la souveraineté d'îles en mer de Chine méridionale.

Coopération économique

M. Duterte a dit vouloir "reporter (ce dossier) à une autre fois" afin de donner la priorité à la coopération économique. Il a déclaré à la télévision chinoise rechercher "l'aide" du grand voisin dans ce domaine. Une position saluée par la Chine, dont le président Xi Jinping a accueilli solennellement M. Duterte au Palais du peuple.

"Il est important de traiter les divergences par le dialogue et les consultations bilatérales sur la question de la mer de Chine méridionale", a déclaré M. Xi. Le chef de l'Etat chinois s'est dit prêt à "laisser temporairement de côté les questions difficiles", selon des propos rapportés par le ministère des Affaires étrangères.

M. Duterte a qualifié sa discussion avec Xi Jinping "d'historique". "Elle va améliorer et développer les relations entre nos deux pays", s'est-il réjoui.

La position de M. Duterte tranche radicalement avec celle de son prédécesseur Benigno Aquino, qui avait obtenu en juillet d'une cour internationale d'arbitrage la dénonciation des prétentions chinoises en mer de Chine méridionale - où plusieurs riverains (Vietnam, Brunei, Malaisie, Taïwan) se disputent âprement le contrôle d'îles et d'îlots.

Investissements chinois

Rodrigo Duterte, arrivé au pouvoir peu avant la sentence, n'a montré aucune intention d'y donner suite. Un soulagement pour Pékin, soumis à une intense pression internationale depuis juillet, et qui semble vouloir renvoyer l'ascenseur au président philippin.

Xi Jinping a ainsi déclaré son pays disposé à "participer activement à la construction d'infrastructures (aux Philippines), dans les secteurs des chemins de fer, du transport urbain sur rail, des autoroutes et des ports", selon le ministère.

Le géant asiatique va en outre "pousser les entreprises chinoises à investir davantage" et "encourager les Chinois à voyager aux Philippines". Les investissements étrangers sont cruciaux pour cet archipel en développement, au PIB par habitant inférieur de moitié à celui de la Chine, selon la Banque mondiale.

Campagne anticriminalité critiquée

Critiqué par les Etats-Unis, l'Union européenne et l'ONU pour sa campagne anticriminalité, qui a déjà fait plus de 3700 morts selon un décompte officiel, M. Duterte peut également compter sur l'appui de la Chine.

Pékin "soutient le nouveau gouvernement philippin dans sa lutte pour l'interdiction de la drogue, contre le terrorisme et la criminalité et est disposé à mener une coopération à ce sujet" avec Manille, ont indiqué les Affaires étrangères chinoises.

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