Les ambassades suisses démunies face aux pédophiles

La prostitution enfantine s'impose progressivement comme une priorité, pour les autorités locales aussi. Keystone Archive

L'absence d'attachés de police dans les missions diplomatiques helvétiques ralentit la coopération avec les autorités locales.

Ce contenu a été publié le 20 décembre 2001 - 16:57

Thème du Congrès mondial de Yokohama sur l'exploitation sexuelle des enfants, la traque menée contre les pédophiles européens fait remonter vers les ambassades suisses en Asie beaucoup d'informations non vérifiables.

L'arsenal législatif adopté en Suisse pour lutter contre les pédophiles bute sur l'absence d'attachés de police helvétique dans les pays frappés par le fléau du tourisme sexuel et de la pornographie enfantine.

Lacunes policières

S'exprimant au Congrès mondial de Yokohama qui s'est achevé jeudi, l'ambassadeur Jean François Giovannini concède que cette lacune policière pose d'énormes problèmes.

«Trop souvent, reconnaît-il, les autorités locales font traîner les dossiers. Nous avons besoin de renforcer nos relations bilatérales avec les autorités policières de pays touristiques comme la Thaïlande, le Cambodge ou les Philippines».

Le cas de la Thaïlande est exemplaire. Dans ce pays considéré comme l'une des premières destinations pour les touristes suisses en Asie, la prostitution des mineurs fleurit et attire pas mal de ressortissants helvétiques.

La police thaïlandaise, sensibilisée à ces questions, a donc commencé à ouvrir des enquêtes et a interpellé dans le passé au moins deux citoyens suisses.

Une fois les arrestations effectuées, les affaires se sont en revanche enlisées faute d'une relation étroite entre la police locale, très corrompue, et l'ambassade suisse à Bangkok:

Bangkok, Manille et Tokyo

«Un attaché de police n'est pas un flic comme les autres. Il crée des liens avec les forces de l'ordre locales. Il intervient pour obtenir des extraditions. C'est un maillon crucial qui, malheureusement, nous manque», explique un fonctionnaire du Département fédéral de l'intérieur chargé du dossier.

Au premier rang des postes diplomatiques ou de tels attachés pourraient voir le jour figure, outre Bangkok, Manille aux Philippines et Tokyo au Japon.

Le pays du soleil-levant est en effet un grand producteur de pornographie enfantine et plusieurs cassettes japonaises ont été trouvées lors de perquisitions effectuées en Suisse chez des pédophiles.

Les grands pays européens, comme la France, l'Allemagne ou le Royaume Uni, ont tous des attachés de police dans leurs principales ambassades asiatiques.

La plupart travaillent sur le trafic de drogue, mais la question de l'exploitation sexuelle et des trafics d'êtres humains est en train de s'imposer, vu l'ampleur du phénomène, comme une nouvelle priorité.

Richard Werly Yokohama

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