La liberté de la presse est bien respectée en Suisse, avec quelques bémols

Depuis le début de la crise du coronavirus, les journalistes suisses sont mobilisés comme jamais et les lecteurs aussi. Mais la plupart des médias souffrent de la chute des recettes publicitaires et ont recours au chômage partiel. Keystone / Peter Klaunzer

La Suisse est huitième du classement mondial de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières. La situation économique des médias helvétiques est toutefois préoccupante, et elle s’est fortement dégradée avec la crise du coronavirus.

La liberté de la presse reste globalement bien respectée en Suisse. Le pays est en huitième position du classement annuel de Reporters sans frontières (RSF), derrière les pays scandinaves, la Jamaïque et le Costa Rica qui ont tous deux réalisé des progrès majeurs. Les États qui arrivent en queue de peloton sont la Corée du Nord, le Turkménistan, l’Érythrée et la Chine.

Le classement 2020 de la liberté de la presse dans le monde élaboré par Reporters sans frontières. rsf.org

Le score de la Suisse évolue peu par rapport à l’année dernière: les médias helvétiques bénéficient toujours d’un cadre légal ainsi que d’un environnement politique et social favorables à la liberté de l’information. Mais RSF se dit très préoccupée par la conjoncture économique du secteur, avec une concentration des titres, une diminution de la diversité de l’offre journalistique et la suppression de postes dans les rédactions. Une situation «que la pandémie du coronavirus a fait tourner au désastre ces dernières semaines», souligne RSF dans son communiqué.

L’organisation regrette que le gouvernement suisse ait refusé de débloquer une aide d’urgence aux médias pour faire face à l’effondrement des recettes publicitaires en cette période de crise et exhorte le parlement à agir.

Plusieurs atteintes à la liberté de la presse ont été relevées par RSF l’année dernière en Suisse. Un journaliste de la Radio Télévision Suisse (RTS) a notamment été agressé à Genève par des individus appartenant à l’entourage du président camerounais Paul Biya. Des politiciens élus aux gouvernements des cantons de Vaud et de Genève ont aussi entamé des procédures pénales à l’encontre de journalistes. «Il s'agit d'un phénomène nouveau qui pourrait alimenter la méfiance à l'égard des médias, relève RSF, alors que les critiques à l'égard des hommes politiques, même très sévères, ont rarement donné lieu à des poursuites judiciaires jusqu'à présent.»

L’organisation regrette aussi la condamnation d’une journaliste par un tribunal lucernois pour violation de domicile, alors que celle-ci s’était rendue dans une villa illégalement occupée par des activistes afin d’y réaliser un reportage.

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