Nestlé misera sur l'allégé en sel

Les Suisses ne mangent pas seulement trop de sucre, mais également trop de sel. Keystone Archive

En diminuant la quantité de sel dans les soupes et dans les plats cuisinés, on pourrait réduire de 4 à 6 % le nombre de personnes souffrant d'hypertension artérielle. Le Centre de recherche Nestlé à Lausanne envisage d'indiquer dorénavant la quantité de sel dans chaque aliment.

Ce contenu a été publié le 07 octobre 2001 - 18:27

Prenez une boîte de conserve, l'étiquette vous signale la valeur énergétique que vous allez ingurgiter. Comme le nombre de glucides, de lipides ou de colorant contenus dans cet aliment. Bientôt, Nestlé vous précisera également si ce produit est très salé, moyennement salé ou peu salé. Une façon de sauver des milliers de vies. Et de gagner des clients.

Pendant six mois aux Pays-Bas, 125 personnes âgées de plus de 65 ans ont accepté que 40 % de leur consommation de sel soit remplacée par du potassium. Résultat, leur pression artérielle a diminué d'une façon très nette. Ces «cobayes» devraient moins subir d'accident vasculaire cérébral que le reste de la population.

Bref, la quantité de sel sera bientôt utilisée pour promouvoir certains produits vendus par le numéro un mondial de l'agro-alimentaire. Nestlé, qui consacre 1,3 % de son chiffre d'affaires à la recherche, envisage d'utiliser dorénavant le sodium pour promouvoir ses produits. «La consommation moyenne de sel dans les pays industrialisés est d'environ 9 grammes par jour. Cela représente un risque important pour la moitié de la population», souligne le docteur Pierre Guesry, directeur adjoint du centre de recherche de Nestlé à Lausanne.

Pas de substitut miracle

Il reste toutefois à convaincre les consommateurs. Un produit moins salé a moins de goût. Et le potassium est plus amer que le sodium. «Contrairement au sucre, je ne pense pas que l'on trouvera un aspartame qui remplace le sel», commente Pierre Guesry. En fait, il s'agit de réduire la quantité de sodium dans les soupes et les plats cuisinés vendus par Nestlé, et de l'indiquer sur les étiquettes.

Cela peut-il devenir un argument de vente à une époque où les gens font de plus en plus attention à leur alimentation ? Les attaques cérébrales provoquent plus de décès en Suisse chaque année que les cancers. Et la réduction de 9 grammes à 3 grammes de sel réduit la pression systolique des hypertendus de 11 mm de mercure.

Le centre de recherche Nestlé a déjà concocté un dessin humoristique pour lancer cette campagne en faveur de produits moins salés. Dans les restaurants ou dans les cantines, il y aura des coins sans sel, comme il existe aujourd'hui des endroits non-fumeurs.


Ian Hamel

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