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Ngozi: la Genève internationale dit son outrage à CH Media

De nombreux ambassadeurs et patrons d'organisations internationales s'en prennent à CH Media après le titre controversé sur la prochaine directrice générale de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) Ngozi Okonjo-Iweala qui entame lundi son mandat à Genève (archives). KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI sda-ats
Ce contenu a été publié le 27 février 2021 - 10:40
(Keystone-ATS)

La Genève internationale en veut à CH Media après le titre controversé sur la prochaine directrice générale de l'OMC Ngozi Okonjo-Iweala. Plus de 120 ambassadeurs, numéros deux ou patrons d'organisations internationales se sont plaints dans une lettre au groupe.

Dévoilée vendredi soir par l'ambassadrice autrichienne Elisabeth Tichy-Fisslberger, qui a présidé le Conseil des droits de l'homme de l'ONU l'année dernière, celle-ci reproche aux journaux alémaniques du groupe un article "dégradant" pour la Nigériane et pour l'Organisation mondiale du commerce (OMC). D'abord ciblé sur les réseaux sociaux, le titre qui parlait "d'une grand-mère" à la tête de l'institution a ensuite provoqué une colère internationale.

Dans une autre lettre révélée cette semaine, plusieurs hautes dirigeantes africaines de l'ONU avaient accusé le groupe de "racisme" et de "sexisme" contre celle qui deviendra lundi la première femme et la première Africaine à la tête de l'OMC. L'ambassadeur britannique auprès de l'OMC avait lui aussi déploré une discrimination.

La Suisse prudente

De son côté, la Suisse reste prudente face aux journaux alémaniques, rappelant les libertés fondamentales et celle des médias. Dans la lettre dévoilée vendredi soir, les signataires, parmi lesquels plusieurs disent être des grands-mères, alertent aussi sur les effets d'un tel article pour elle.

"Considérez-vous que présenter des personnalités internationales dans des termes plutôt péjoratifs et rabaissants constitue un soutien utile à la politique très engagée de la Suisse comme Etat-hôte ?", demandent-ils au groupe de médias. Face aux critiques outrées par la formulation dans ses journaux, dont l'Aargauer Zeitung ou la Luzerner Zeitung, celui-ci s'était rapidement excusé et avait modifié son article en ligne.

CH Media avait exclu toute motivation raciste derrière ce titre. "En lisant le texte, on s'en rend compte", avait souligné le directeur éditorial du groupe, Pascal Hollenstein, cité par le site spécialisé persoenlich.com. Ministre nigériane à plusieurs reprises, "Dr Ngozi", comme elle souhaite être appelée, a également oeuvré au sein d'organisations internationales.

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