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Nicolas Sarkozy l'emporte haut la main

(Keystone)

La France a choisi. Le candidat de droite Nicolas Sarkozy remporte le second tour de l'élection présidentielle avec 53 à 53,2% des voix.

Le verdict est tombé à 20 heures pile sur les chaînes de télévision françaises, mais il était déjà connu depuis deux bonnes heures, principalement grâce à Internet et aux médias étrangers.

En France, la loi interdit la publication du moindre sondage ou estimation avant 20 heures, heure de la fermeture des derniers bureaux de vote.

N'étant pas soumis à cette règle, les internautes, les radios et les télévisions des pays voisins - Suisses et Belges surtout - s'en sont donné à coeur joie et les sondages réalisés à la sortie des bureaux de vote donnaient déjà le nom du vainqueur dès avant 18 heures.

Sitôt assuré officiellement de sa victoire, le nouveau président - il succèdera à Jacques Chirac le 16 mai – a fait part de son «immense émotion» et déclaré que les Français avaient choisi de «rompre avec les idées, les habitudes et les comportements du passé».

Quant à Ségolène Royal, sa rivale malheureuse, elle a annoncé qu'elle poursuivrait son combat pour rénover la gauche, en l'élargissant au-delà de ses frontières actuelles vers le centre. «Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas», a-t-elle dit à ses partisans.

«La crédibilité d'un faiseur»

Ancien ambassadeur de Suisse en France, Bénédict de Tscharner se dit «un peu surpris» par l'ampleur du score du candidat de droite, qu'il met sur le compte de «cette crédibilité d'un faiseur».

«Les Français ont préféré celui auquel on attribue la capacité de traduire dans des actes ce qu'il promet», note l'ex diplomate, qui voit tout de même dans cette «victoire très appréciable pour lui» un danger pour le nouvel élu.

«Sa première tâche sera d'avoir des gestes et des paroles qui l'accréditent comme le président de tous les Français, estime Bénédict de Tscharner. Et pour lui, ce sera particulièrement difficile, parce que c'est un personnage qui a quand même une certaine tendance à antagoniser ceux qui ne pensent pas comme lui».

Ce changement de locataire à l'Elysée va-t-il modifier quoi que ce soit dans les relations entre la Suisse et la France ? L'ancien ambassadeur est persuadé que non. Selon lui, «nous sommes tellement liés à l'Europe et à la France que notre intérêt, c'est que ces pays fonctionnent, qu'il n'y ait pas de crise chez eux».

«Un homme de rassemblement»

A Zurich, Claudine Schmid, coordinatrice de l'Union des Français de l'étranger, est une partisane de l'UMP.

Pour elle, «Nicolas Sarkozy était un bon candidat et Ségolène Royal ne faisait pas partie de ce qu'au Parti socialiste on appelle les 'éléphants'. Elle n'avait pas le soutien entier de toutes ses troupes».

Claudine Schmid, qui estime que les clivages gauche-droite tendent à s'estomper dans son pays, voit dans le nouveau président «un homme de rassemblement.

«Dans une campagne électorale, il est normal qu'on se batte et c'est pour ça qu'on est parfois plus agressif. Mais quand on est au pouvoir, on peut prendre des décisions plus calmement», note-t-elle.

«Comme Berlusconi»

Autre son de cloche à Lausanne, chez Jean-Pierre Capelli, président de l'Association des Français de Suisse et fervent soutien de Ségolène Royal.

Il prédit que le nouveau président «aura de la difficulté à mettre ses promesses en œuvre. Ce que je crains avec lui, c'est un changement dans l'affrontement». Quant à la gauche, «elle a encore les élections législatives pour se refaire», espère le militant socialiste.

Pour Jean-Pierre Capelli, «le discours de Sarkozy, plus populiste, a été peut-être plus audible». Un Sarkozy dont il compare l'arrivée à celle de Silvio Berlusconi en Italie il y a six ans, «porté par l'air du temps».

Forte mobilisation

Comparativement à ce qui s'était passé en 2002, les Français de Suisse ont été trois fois plus nombreux à participer à cette élection. Sur une communauté de 160'000 membres, plus de 76'000 étaient inscrits sur les listes électorales.

Et 75% de ces inscrits ont voté, confirme Jean-Emmanuel Court-Payen, responsable du bureau de Lausanne, qui en début de soirée avait reçu les chiffres de tous ses homologues, à l'exception de Bâle et du Tessin.

Sans surprise, la diaspora vote plutôt à droite, et en Suisse, Nicolas Sarkozy aurait réalisé une score de plus de 70% des voix. Même si Ségolène Royal s'est très bien défendue dans les villes de Lausanne et de Berne.

swissinfo, Marc-André Miserez

Nicolas Sarkozy

Agé de 52 ans, l'ancien ministre de l'intérieur a caracolé en tête des sondages depuis la mi-janvier. Il est le premier fils d'immigrant à accéder à la présidence. Son père est Hongrois.

Figure de proue du parti néo-gaulliste UMP (Union pour un mouvement populaire), il a promis des réformes pour remettre la France au travail, juguler la criminalité et réduire le chômage.

Ministre des finances en 2004, il a sauvé le géant industriel Alstom de la débâcle et favorisé la fusion entre les groupes chimiques français Aventis et Sanofi, pour résister aux appétits du Suisse Novartis.

Après les émeutes qui ont enflammé les quartiers défavorisés en 2005, il a considérablement édulcoré son discours sur la «racaille» des banlieues.

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Le centre a fait la différence

Au premier tour, Nicolas Sarkozy avait obtenu 31,2% des suffrages et Ségolène Royal 25,9%.

En additionnant aux voix du candidat UMP celles de l'extrême-droite (même si Jean-Marie Le Pen a appelé à l'abstention), on arrive à 45% d'électeurs potentiels.

Pour la gauche, les voix de Ségolène Royal ajoutées à celles des petits candidats verts ou d'extrême gauche donne 36,4% d'électeurs potentiels.

Dès le soir du premier tour, il était donc clair que le vainqueur serait celui qui parviendrait à glâner la majorité des 18,6% de voix du centriste François Bayrou.

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