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Nouvel envol pour Swissair? On attend pour voir

Mario Corti aura fort à faire pour convaincre tout le monde.

(Keystone)

Le pays tout entier avait ce lundi les yeux braqués sur Mario Corti, le nouveau patron SAirGroup. Les observateurs s'attendaient largement aux résultats catastrophiques qu'il a annoncés. Et beaucoup restent sur leur faim quant aux perspectives esquissées.

«Si je voulais être sarcastique, je dirais qu'on est descendu tellement bas que c'est difficile d'aller pire, que ça ne peut qu'aller mieux!» Voilà la manière, mi-grinçante, mi-optimiste, dont Stéphane Garelli, professeur à l'IMD et à l'Université de Lausanne, interprète le nouveau départ qu'a voulu donner Mario Corti à SAirGroup.

Un groupe qui sera d'ailleurs bientôt rebaptisé Swissair - justement pour marquer ce redémarrage et refermer symboliquement le chapitre Bruggisser - mais qui, pour l'heure, se débat dans les difficultés financières, avec des pertes de presque 3 milliards. Un chiffre supérieur à la plupart des estimations, mais qui, pour le journaliste Sepp Moser, un spécialiste du domaine de l'aviation, se situe «dans le bas de la fourchette» à laquelle il s'attendait.

Un trou creusé pour bonne part à l'étranger, on le sait, à travers une série de prises de participation en France, en Belgique, en Allemagne notamment. «Le grand problème a été la stratégie d'acquisition», analyse Stéphane Garelli. Qui poursuit: «Le reste du groupe ne va pas trop mal. Swissair elle-même enregistre une perte de 195 millions, ce qui n'est pas trop exagéré, comparé à un chiffre d'affaires de 5,9 milliards.»

Un avis que ne partage pas Sepp Moser, pour qui beaucoup de problèmes sont à régler en Suisse aussi, notamment au sein de la compagnie aérienne. «J'espère bien, ajoute t-il, que Mario Corti, dans son travail d'assainissement, ne va pas s'arrêter à la frontière.»

Sans compter qu'à l'étranger, la tâche ne sera pas facile. «Ce processus de désinvestissement des compagnies aériennes étrangères est très complexe, juge Sepp Moser. Il est loin d'être terminé et, dans certains cas, il n'a même pas été entamé.» Ainsi, le cas des trois compagnies françaises du groupe risque de se révéler délicat. «En France, effectuer une restructuration c'est très, très difficile», note Thomas Della Casa, de la Deutsche Bank.

Un analyste financier qui met le doigt sur une autre plaie de SAirGroup: les moyens à disposition pour remettre le navire à flots: «Après cette série de provisions, explique t-il, le capital propre a diminué et il faut absolument un plan pour y remédier». On parle déjà d'un consortium de grandes banques, un scénario qui rappelle quelque chose à Stépahne Garelli.

«Comme cela s'est passé dans le secteur horloger, on va très probablement procéder à une augmentation du capital de SAirGroup et ce consortium bancaire va y souscrire. L'avantage c'est que si le changement de politique du groupe donne de très bons résultats, le cours de l'action remontera et le consortium se repayera en partie sur cette augmentation.»

Pierre Gobet, Zurich


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